Les conclusions du rapport du Conseil mondial de la biodiversité́ (IPBES) sont réellement alarmantes: sur 8 millions d’espèces animales et végétales, 1 million sont menacées d’extinction d’ici quelques décennies. Au fait, est-ce vraiment si surprenant? Depuis près de cinquante ans, les signes annonciateurs de la catastrophe se multiplient. La déforestation, la désertification et la surpêche, on en parle depuis longtemps. Plus récemment, la mort des abeilles a fait les grands titres. La force de ce rapport est de présenter une synthèse de l’étendue des dégâts à l’échelle planétaire, un véritable électrochoc, que l’on espère salutaire.

La destruction des écosystèmes est un danger sans doute plus grand que le réchauffement du climat, puisqu’il remet en question la capacité même de l’homme à se nourrir. Or, il est sans doute plus facile d’enrayer le réchauffement climatique que d’arrêter le massacre des milieux naturels. La transition énergétique peut s’appuyer aujourd’hui sur un flot incessant d’innovations technologiques. Il n’est plus utopique d’imaginer de réduire la consommation d’énergies fossiles de moitié sans mettre en cause le niveau de vie dans les pays riches ni d’empêcher le développement des pays les plus pauvres. La boîte à outils est à disposition. La seule incertitude est de savoir si les dirigeants et les peuples (dans nos démocraties) en feront bon usage dans un délai raisonnable.