Mon Europe

On n'a pas fini de nettoyer les banques

En cas de nouvelle crise financière, les contribuables seraient de nouveau appelés à la rescousse des banques. Une telle situation tue la confiance et n'incite pas à l'investissement et à la consommation

L’économie européenne ne décolle toujours pas. Avant tout, à cause d’une crise de confiance. Injection massive des capitaux dans l'économie par la Banque centrale européenne (BCE), primes aux banques pour prêter aux entreprises et aux ménages, taux d’intérêt à un niveau historiquement bas, fonds européen de relance, rien n’y fait. La zone euro est certes sortie du tunnel de la récession, mais elle reste incapable de générer des emplois pour les millions de chômeurs européens.

Force est de constater que les banques étaient à l’origine de la crise en 2007-2008 et que presqu’une décennie plus tard, elles n’ont pas retrouvé leur fonction de moteur de l’économie. Ce n’est pas qu’elles ne sont plus des institutions bien gérées. Non, les grandes banques dégagent des bénéfices pour le plus grand bonheur de leurs actionnaires. Certes, elles se plaignent de la politique de taux d’intérêt bas imposée par la BCE et affirment qu’elle tire la rentabilité vers le bas. Soit. Le fait est que leurs bilans sont toujours grevés par des montagnes de créances pourries. Bref, elles sont des colosses aux pieds d’argile.

Une situation incertaine

Les résultats de tests de résistance publiés vendredi dernier par l’Autorité bancaire européenne (ABE) ont une nouvelle fois révélé leur faiblesse. Dès maintenant, elle va entamer des négociations et les pousser à nettoyer leurs bilans et renforcer leurs fonds propres. Une étude produite  par l’université de Lausanne et ses partenaires montre que les banques européennes ont besoin de 882 milliards d’euros. Les chercheurs avertissent qu’en cas de nouvelle crise, les contribuables devront passer, une nouvelle fois, à la caisse pour leur venir en aide.

Un tel scénario n’est pas farfelu. On a vu qu’en Italie, la banque Monte dei Paschi di Siena (MPS) a raté le test de résistance de l’ABE et sans l’injection urgente de cinq milliards d’euros, c’est tout le système bancaire européen qui aurait tremblé une nouvelle fois. On a évité la contagion de justesse.

C'est bien l'incertitude qui en découle qui est à l’origine de la crise de confiance dans les banques et dans l’économie. Une telle situation n’incite pas les industriels à investir et à créer des emplois, ni les ménages à consommer.

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