Les casseroles, cette fois-ci, sont restées rangées dans le tiroir de la cuisine; les sifflets et tambourins, au placard eux aussi. Bien loin de nous l’envie de ressortir sur le balcon ou la terrasse faire du bruit à 21h. Le cœur n’y est plus. Pourtant, en mars, en avril, c’était le rendez-vous le plus important de la journée, on y communiait tous ensemble, nos prières sous forme de cris et d’applaudissements montaient vers le personnel soignant, et ces élans ne se bornaient de loin pas à la Suisse, partout dans le monde, les confinés se lâchaient quelques minutes durant. Chaque soir, le téléjournal se concluait sur les plus belles images de marmots exaltés en pyjama, cloches au bout du bras, et du grand-père soufflant tonitruant dans le cor des Alpes.

Saison 2 sans effusions

J’observe donc que la saison 2 du coronavirus se déroule sans faire plus jamais bouger l’applaudimètre, et je m’interroge. Que s’est-il passé? Qu’avons-nous laissé en chemin pour ne plus avoir aujourd’hui la moindre envie de sortir au frais mixer la pause cigarette avec les encouragements aux blouses blanches? J’ai d’abord pensé à une simple lassitude, à la petite paresse typique de la versatilité collective. Genre: on ne va pas les applaudir toute notre vie, quand même.