Editorial

On ne peut pas loger toute la Suisse à la même enseigne

OPINION. L’initiative populaire de l’Asloca pour des logements abordables demande un quota national de 10% de constructions d’utilité publique. Mais faut-il vraiment suivre cette logique d'un standard national?

L’initiative populaire de l’Asloca «Davantage de logements abordables» pose une question finalement simple: peut-on imposer une règle nationale pour résoudre un problème qui se présente de manière très différente d’un endroit à l’autre? Ce texte demande que la Confédération et les cantons fassent en sorte que 10% des nouvelles constructions soient reconnues d’utilité publique et confiées à des coopératives d’habitation, qui disposeraient d’un droit de préemption sur les terrains disponibles. Le 9 février, le peuple suisse dira s’il accepte d’être logé à cette enseigne-là.

Ce texte a été lancé à une époque où le taux de logements vacants était en constant recul. Il était même passé au-dessous de 1%, en moyenne nationale. Mais la situation a évolué, le pourcentage moyen d’habitations vides est remonté à 1,66%. A l’époque de la genèse de l’initiative, les loyers s’inscrivaient à la hausse. C’est moins clair désormais. Publié cette semaine, le dernier indice d’ImmoScout24 et du bureau immobilier CIFI indique plutôt une tendance baissière, alors que l’Asloca continue d’affirmer le contraire. Cette divergence d’analyses reflète la grande diversité du marché.