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Pour la première fois en Grande-Bretagne, une chaîne de prêt-à-porter propose des burkinis - contraction de burqa et bikini - maillots de bain destinés aux femmes voilées. 
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Réseaux sociaux

Quand on s’écharpe autour du burkini

Le burkini, maillot de bain pour femmes voilées, débarque en Grande-Bretagne dans l'une des plus grandes enseignes britanniques. Sur les réseaux sociaux, les avis divergent

A chaque nouvelle mise en vente, le débat resurgit. C’est le cas aujourd’hui avec l’arrivée, chez Marks & Spencer, du burkini – contraction de burqa et bikini – aux côtés des costumes de bain «traditionnels». Une première en Grande-Bretagne, pays qui compte 5% de musulmans. Signe d’ouverture pour les uns, de fourvoiement pour les autres: le maillot de bain couvrant éveille inévitablement des questions autour de la laïcité.

Entre mode et religion, le corps féminin figure au cœur du débat. Très dénudé, il choque de moins en moins sous nos latitudes; intégralement masqué, il continue de déranger. Sur les réseaux sociaux, notamment, où l’annonce de la chaîne de prêt-à-porter suscite la polémique depuis quelques jours. «Rétrograde», «misogyne» ou au contraire «louable», la démarche de Marks & Spencer marque, en tous les cas, un pas de plus vers la commercialisation à grande échelle de la mode islamique. Ou, pour le dire désormais comme certains, de la «modest fashion», en français «mode pudique».

L’essor de la mode musulmane ou «mode pudique»

L’essor du vêtement musulman en Occident n’en est pourtant pas à ses débuts. Depuis plusieurs années déjà, le voile est devenu un accessoire résolument tendance. Au point d’être convoité par de grandes maisons de couture. Comme Dolce & Gabbana qui a lancé en janvier dernier une collection capsule de hijabs et d’abayas (robes longues) aux motifs raffinés. 

Il y a quelques jours à Londres, la firme japonaise Uniqlo étrennait elle aussi une palette de voiles et de tuniques:

La tendance s’observe encore chez les géants H&M et Zara qui ont récemment donné un style oriental à leurs dernières campagnes publicitaires. Selon les estimations, le marché musulman pourrait représenter quelque 484 milliards de dollars en 2019.

«Honteux et sexiste»

Vendu 63 euros, en ligne comme en boutique, le #burkini de M. & S est disponible en divers coloris et couvre intégralement le corps à l’exception du visage, des mains et des pieds. Sur Twitter, les réactions sont contrastées. Nombreux sont ceux qui appellent à boycotter la marque, coupable de «faire le lit du salafisme» et «d’entraver les libertés de la femme». Associé à un islam rigoureux et conservateur, le maillot de bain «halal» incarne, aux yeux de certains, l’avènement du patriarcat. «Quel scandale de faire du fric à couvrir, comme honteux, le corps des femmes», s’insurge un jeune internaute sur Facebook. Pourquoi ne pas «couvrir les yeux de ceux que la femme libre indispose», questionne la journaliste Isabelle Kersimon dans le Figaro, tandis que Petula, blogueuse féministe, propose de relancer la «mode des seins nus».

Liberté de choix

A cette vision critique, d’autres opposent la liberté de choix, au nom de la diversité. «Là où il y a de la demande, il y a de l’offre et libre à chacun de se vêtir comme bon lui semble», juge un internaute sur le site du Parisien. Le compte Twitter «Muslimlivestyle» se félicite quant à lui de voir le burkini devenir «courant» et «fashion». Dénonçant les dérives islamophobes, une jeune étudiante londonienne perçoit l’arrivée du burkini comme un «challenge» mettant la société à l’épreuve du multiculturalisme. «Les femmes occidentales seront-elles capables d’accepter un choix et ses conséquences, sans discrimination?»

D’un point de vue pragmatique, le burkini répond à un besoin réel. Sans lui, certaines femmes ne pourraient sans doute pas goûter aux joies de la baignade. Au-delà de l’accoutrement, n’est-ce pas là l’essentiel?

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