Revue de presse

Oskar Freysinger choisit Facebook pour une sortie quasi giscardienne

Il se murait dans le silence depuis son éviction, dimanche dernier, du Conseil d’Etat valaisan. Mais jeudi en début de soirée, il s’est adressé à ses électeurs sur le réseau social pour les remercier

Depuis dimanche dernier, il était resté totalement silencieux, refusant tout entretien avec les médias après des «événements d’une telle violence» que sa famille et lui-même, dit-il, ont «mis quelques jours pour [se] retrouver». Mais celui qui est encore conseiller d’Etat valaisan pour quelques jours, l’UDC Oskar Freysinger, a finalement choisi sa page Facebook pour s’adresser en vidéo au grand public depuis ses pénates saviésanes, jeudi en début de soirée. Mais rien sur son compte Twitter, ce qui indique bien que le message se veut d’abord relativement «intime» et ne s’adresse pas à la presse.

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Sous l’article que 20 minutes y consacre, un internaute précise: «A toutes les mauvaises langues qui disaient que le mutisme d’OF après sa non-réélection […] était le fait de son ego surdimensionné (disaient la gauche, les socialistes et le PDC). Eh bien non, mes chers, c’est un décès dans sa famille le week-end des élections qui l’a poussé à rester discret et auprès des siens.» Et d’ajouter, en aparté final: «Bon, maintenant, Oskar, j’espère que tu vas revenir au niveau national, vu que les tiens (Valaisans) t’ont lâché!»

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En digne représentant d’un canton bilingue, il s’exprime sur le réseau social en français et dans un dialecte alémanique parfaitement maîtrisé, pour confirmer ce que l’on savait en réalité déjà, puisqu’il l’avait dit à L’Illustré: la fin de sa carrière politique. Dans la langue de Molière, le titre de ce petit film d’une minute et 18 secondes, face caméra, cela donne: «Chers électeurs, chers amis. Du fond du cœur, merci!» Et dans celle de Dürrenmatt, avec une nuance plus précise pour le Haut-Valais: «Après une bataille perdue, j’ai retrouvé la paix. Chers amis, un grand merci.»

«Il faut souligner le côté très giscardien de cette prise de congé», fait remarquer un internaute non dénué d’humour. Le magistrat y dit fermer «un chapitre de sa vie», mais «l’avenir lui laisse de belles pages encore à écrire». Il remercie du fond du cœur ses amis, sa famille, les soutiens de l’ombre «depuis vingt ans», les 42 500 électeurs qui l’ont choisi «contre vents et marées», l’UDC suisse et les membres de son département, «dont l’efficacité n’avait d’égale que leur loyauté». Tout cela sans le moindre «regret, qui s’apparenterait à de l’ingratitude». Et avec ce clin d’œil: un émoji souriant à côté duquel figurent ces deux mots «feeling serein». Et il termine: «Bon vent, vive le Valais, vive la Suisse.»

Jusqu’au bout, il n’aura rien fait comme les autres.

Christian Rappaz, dans «L’Illustré» du 21 mars 2017

S’il fallait des preuves pour dire que le sujet intéresse encore, en français, la vidéo a été vue 58 000 fois et partagée 400 fois. Plus de 300 internautes la commentent, en immense majorité pour dire leur flamme éternelle à l’élu déchu. Dans la version alémanique, les chiffres sont cependant moins éloquents.

«Jusqu’au bout, il n’aura rien fait comme les autres», écrivait déjà L’Illustré paru cette semaine. […] Beaucoup plus ébranlé qu’il ne le disait par le verdict du premier tour, […] entre doutes, amertume et molles convictions, il affirmait ne jamais avoir envisagé l’échec malgré ce premier avertissement. […] Erreur de vision […] fatale. […] En vérité, Freysinger se voyait élu par défaut»: «Pour le PDC et Darbellay, j’ai le profil idéal. Primo, avec moi au gouvernement, l’UDC n’est pas dans l’opposition, ce qui leur enlève une épine du pied. Secundo, j’ai prouvé que je savais tenir des budgets. Tertio, je suis très affaibli par le résultat du premier tour et enfin, ils auront sous la main un fusible, un bouc émissaire parfait si les choses tournent mal.»

Et son destin à l’UDC Suisse?

Rappelons qu’Oskar Freysinger, qui a siégé au gouvernement durant une législature, est arrivé 6e dimanche 19 mars du 2e tour de l’élection au Conseil d’Etat. Le peuple valaisan lui a préféré le PLR Frédéric Favre. Le nouveau gouvernement entrera en fonction le 1er avril. «Sa place à la vice-présidence de l’UDC Suisse devrait probablement être évoquée ce vendredi lors de la réunion du comité du parti», précise Le Nouvelliste. Gabriel Lüchinger, son secrétaire général, indique que «ni lui, ni le président du parti, Albert Rösti, n’ont reçu à ce jour de lettre de démission» et que pour cette séance, «Oskar Freysinger s’est excusé en raison […] d’un engagement lié à sa fonction de conseiller d’Etat.»

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