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Oskar Freysinger, juste après sa non-réélection, en mars 2017, à Sion.
© Olivier Maire/Keystone

Revue de presse

Oskar Freysinger rompt le silence pour parler haut et fort

Avec son livre «Le côté obscur de la lumière», l’ex-magistrat UDC valaisan orchestre son retour sur la scène publique. Le ton est clair: «Je n’en peux plus de faire risette à de fieffés coquins», dit-il

«Oskar est de retour, dans l’arène.» Il y a une semaine, L’1Dex l’avait déjà annoncé haut et fort: un «éminent donateur et collaborateur» lui avait transmis un «message de l’ami Oskar». L’ex-conseiller d’Etat UDC valaisan, non réélu en mars 2017, y écrivait: «Salut, les amis, mon nouveau livre va sortir prochainement; 340 pages de dynamite. Du palpitant, du direct, du lourd, mais aussi du poétique, des drames, des montagnes d’émotions, d’humour, d’autodérision.»

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Il ajoutait à cela, plus concrètement, avec un habile sens du suspense – et du teasing commercial: «Le récit d’une année infernale entre l’été 2016 et l’été 2017. Ça ne va pas plaire à tout le monde, mais ce texte n’est pas fait pour caresser dans le sens du poil, il répond à une nécessité psychologique et morale. Merci de forwarder à vos contacts et de me faire éventuellement l’honneur et la joie d’être présents au vernissage»:

Le titre de l’ouvrage, en français et en allemand, un rien «starwarsien», dit bien l’intention, dont l’enfant terrible de Savièse vient de dévoiler les tenants et aboutissants dans la passionnante interview qu’il a donnée à L’illustré. Exactement dans le bon timing, avec une couverture où l’ancien élu apparaît à la fois barbu, amène, le regard joliment mutin et le catogan artistiquement aérien, pour annoncer la sortie de ce «livre explosif». Les termes employés sont clairs: «Corruption, trahison, mensonges…». Aussi clairs que le sens quasi inné d’un dramaturge qui ne fait jamais rien comme les autres. Car, dit-il, «je n’en peux plus de faire risette à de fieffés coquins».

Lire aussi: Oskar Freysinger choisit Facebook pour une sortie quasi giscardienne (24.03.2017)

L’entretien n’est pas (encore?) disponible en ligne, mais il se lit comme un vrai polar. Celui écrit par un people posant en short dans son hamac des Mayens de Savièse, le mollet bronzé, pour faire partager la sincère souffrance de l’homme blessé par Le côté obscur de la lumière(Brinkhaus Verlag): «Pour mes adversaires, tout est bon pour me nuire. […] Mon défaut majeur, c’est d’être qui je suis, non pas de faire ce que je fais. Les mêmes actes gouvernementaux que les miens accomplis par un collègue système-compatible ne poseraient pas de problème, voire seraient portés aux nues.»

Un style direct, libre, peu littéraire mais efficace, quelques claques sur les deux joues de Christophe Darbellay, son «meilleur ennemi». Et surtout, nulle complaisance. Mais alors, alors, cette charge impitoyable contre la profession journalistique: «L’intérêt des médias pour mon cadavre démontre combien ils sont morts eux-mêmes. Leurs nouvelles puent la charogne. Bientôt leur métier tout entier suivra dans la tombe.» A ce propos, et sur bien d’autres thèmes, Twitter frétille:

Le Nouvelliste confirme: «Le Saviésan consacre une large place à la critique des journalistes. C’est du reste pour les empêcher «d’engranger des images en réserve» que le politicien ne s’est pas exprimé publiquement après sa non-réélection. «Il est inconcevable que je continue à nourrir le monstre médiatique qui s’est si longtemps repu de mon image.» En 335 pages, Oskar Freysinger se dépeint comme une tête qui dépasse, attaquée de tous les côtés. Mais «la bête à abattre», comme il se définit, concède-t-elle des erreurs? «Bien sûr, comme tout homme qui agit et s’investit», répond-il dans son livre, sans toutefois donner d’exemple.

«Nos rêves, nos angoisses…»

Il était l’invité de la RTS mercredi, «dans le prolongement de cette lumière trop vive». Dans l’ombre, donc, pour filer encore la métaphore, là où «se tapissent nos doutes, nos angoisses, nos rêves, tout ce qui fait notre humanité». Il glisse: «A un moment donné, quelque chose ne tourne pas rond dans le système, et permet à un personnage qui n’est pas du sérail, qui ne maîtrise pas la langue de bois lisse des politiciens, d’être élu. Et ma non-réélection était un même accident, mais dans le sens inverse.»

Mais il reconnaît tout de même sur les ondes qu’on «ne peut publier un livre et ensuite se planquer». Qu’on a besoin de la presse pour en parler, malgré le fait que «le journalisme moderne ne soit plus redevable de l’éthique du vrai mais de l’éthique du bien». Pour Yves Terrani de la RTS, «l’ouvrage ne correspond à aucun genre littéraire précis» et «l’auteur s’y pose en martyr, Calimero ou Superman». Il y voit quatre niveaux de lecture, dont le plus étonnant est son côté émotif. A côté de cela, «pas grand monde n’est épargné». Voilà pourquoi «l’ouvrage fera du bruit».

LeMatin.ch l'a aussi répercuté il y a une semaine: «340 pages de dynamite», que l'auteur évoque dans une vidéo YouTube d'un journaliste indépendant, où l’homme à la queue de cheval raconte sa vie d’ermite dans son chalet depuis un an et demi. «[…] Je veux pouvoir m’exprimer sans entraves, un engagement parallèle à mon activité d’écrivain, sans être encombré. L’écriture, c’est la priorité. Avec d’un côté, un esprit libre qui commente la politique, et, de l’autre, un écrivain qui publie des œuvres.»

Et de relever que «sur son site, la librairie Payot présente déjà l’ouvrage. Ces quelques lignes de résumé finissent par: «Oskar Freysinger vécut une campagne électorale qu’il aborda comme le Titanic fonçant sur son iceberg et… y survécut. Dans ce livre, il rend compte d’une plume décomplexée, drôle et lucide de sa mise à mort publique et de l’art de cultiver des roses sur la fumassière de la politique.» Les flèches s’annonçaient «piquantes», elles le sont.

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