Il est entré en campagne en exigeant une majorité pour décider de tout. Désormais, il mendie une place au conseil d’Etat. Dimanche, les Valaisans ont provisoirement bouté Oskar Freysinger hors de leur gouvernement. Abandonné par près de la moitié de ses 57 000 électeurs en quatre ans, il a essuyé une humiliation inédite.

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En menaçant d’expulsion le seul démocrate du centre qui siège dans un gouvernement romand, les électeurs sanctionnent une UDC incapable d’assumer les fonctions exécutives qu’elle recherche. Ils montrent aussi les limites du discours populiste quand il s’adresse à un corps électoral réduit. Les Valaisans se connaissent bien. Volontiers querelleurs, ils ne se laissent pas diviser facilement pour autant.

L’UDC gagne néanmoins deux sièges au parlement. Manifestement, c’est le monsieur qui agace, plus que les idées de son parti. Oskar Freysinger aurait dû écouter ce peuple dont il se réclame souvent et qui a choisi de manifester à Sion. Au contraire, sans jamais se remettre en question, il a choisi de muscler sa campagne en snobant les signaux qui se multipliaient.

En 2013, Oskar Freysinger prétendait abattre le système. Aujourd’hui, il en fait partie. Pour la gestion approximative de son département et pour son alliance avec un dissident démocrate-chrétien, il est devenu l’incarnation de ces arrangements souterrains qu’il dénonçait. Le ministre n’a plus rien du sauveur providentiel.

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Pour briguer une réélection qu’il imaginait aisée, Oskar Freysinger a choisi de téléguider son parti dans les coulisses tout en conservant la dignité du ministre face aux caméras. Pendant qu’il jouait au conseiller d’Etat, ses militants ont empoisonné la campagne. Le double jeu a engendré un double échec. Il a quitté les espadrilles du rebelle mais il n’a jamais endossé le costume de l’homme d’Etat.

Fatigués jusque dans les rangs de son propre parti, les électeurs ont condamné à la fois l’homme et son discours. Malgré tout, il reste le favori à sa propre succession. L’animal blessé accuse un retard infime sur le socialiste Stéphane Rossini. Il saura mobiliser son électorat en martelant qu’un canton de droite ne voudra pas de deux ministres de gauche.

Quoi qu’il arrive le 19 mars prochain, Oskar Freysinger ne sera plus jamais l’homme fort du conseil d’Etat. Il voulait diviser le canton pour son profit. Il a fini par faire l’unanimité contre lui. Le socialiste Stéphane Rossini et le libéral-radical Frédéric Favre feront campagne en proposant aux Valaisans de l’éjecter définitivement du gouvernement.