Le 2 septembre, la «justice» turque a décidé de prolonger la détention provisoire du philanthrope Osman Kavala, arrêté en octobre 2017 et inculpé sur la base de chefs d’inculpation dont chacune des audiences de ses procès successifs et le simple bon sens ont établi l’extravagance: sa responsabilité dans l’occupation du parc Gezi à Istanbul, en 2013; sa participation à la tentative de coup d’Etat de 2016; ses activités d’espionnage (sic). Pour avoir moi-même assisté à l’une de ces audiences, j’ai pu mesurer combien elles étaient fallacieuses: les témoins sollicités par l’accusation, à commencer par le chef de la police d’Istanbul, reconnaissent n’avoir aucun élément en leur possession justifiant l’incarcération d’Osman Kavala, et le tribunal, benoîtement et courtoisement, requiert néanmoins et obtient le maintien en détention.