Les ordinateurs quantiques sont désormais à portée de main. Alors que le Prix Nobel de physique Richard Feynman avait exploré ce nouveau champ de recherche dès les années 60 d’un point de vue théorique, plusieurs avancées récentes démontrent que, cette fois, ça y est, nous sommes entrés dans un nouvel âge de l’ère de l’information.

Mais, tout d’abord, qu’est-ce que l’informatique quantique? Retenez que c’est un moyen d’aller beaucoup plus loin que les capacités des équipements actuels, y compris des super-calculateurs type Watson. A l’ère du Big Data et du machine learning, il faut toujours plus de capacités pour résoudre des problèmes complexes, l’informatique quantique veut y pourvoir en changeant complètement la manière de fonctionner des nouvelles machines: l’unité de mesure n’est ainsi plus le bit, mais le qubit. Les perturbations quantiques qui naissent de l’hyper-miniaturisation de la mémoire deviennent une force. Elles permettent aux machines de calculer en quelques secondes des problèmes très complexes, alors qu’il faudrait une vie d’homme pour les équipements actuels même les plus sophistiqués.

Seul problème, ces ordinateurs quantiques pleins de promesses semblaient jusqu’ici quasi impossibles à fabriquer avec une capacité suffisante, soit 50 qubits, avant 2050. Et là, coup sur coup, deux annonces démontrent des avancées beaucoup plus rapides qu’imaginé jusqu’alors dans le domaine. En juillet, dans une conférence internationale sur le sujet à Moscou, Google s’apprêtait à faire sensation en présentant ses avancées à propos d’une machine d’une capacité de 49 qubits. C’était compter sans la conférence surprise d’une équipe américano-russe d’Harvard emmenée par Mikhail Lukin, qui a dévoilé le premier ordinateur quantique de 51 qubits au monde. Et cette semaine, ce sont des chercheurs australiens qui ont annoncé avoir découvert un nouveau procédé permettant de construire des ordinateurs quantiques plus simples dans leur conception et moins coûteux pour une production à grande échelle.

Les scientifiques restent eux-mêmes dubitatifs quant à la portée de ces découvertes. La barre des 50 qubits avait été posée de manière assez symbolique. Reste que les prochaines grandes avancées de l’humanité pourraient venir de ces nouveaux outils. Que ce soit en termes de prévisions météo, et la planète en réchauffement va en avoir besoin, de cryptographie et dans toute une série de champs de recherche en biotechnologie. L’iPhone quantique n’est pas pour demain, mais cette technologie compte parmi les plus prometteuses du moment.

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