Lorsque j’étais en Australie, à 19 ans, j’ai gardé les enfants d’une famille aisée résidant à Sydney. Et j’ai souri lorsque le père, avocat, m’a annoncé qu’il ferait de son fils un grand tennisman. J’étais bien sûr convaincue qu’on ne façonnait pas son enfant sur mesure. J’ai eu tort. Non pas qu’Andrew soit devenu le Federer australien. J’ai perdu la trace de ce kid très malin, j’ignore quel a été son destin. Là où je me suis trompée, c’est que oui, les parents peuvent décider du métier de leur enfant. Par l’exemple. Et, plus troublant, par l’action.

La première influence est établie depuis longtemps. Lorsqu’un enfant voit son père ou sa mère s’éclater dans son métier, il n’est pas rare qu’adulte, il prenne la même voie. On connaît tous des médecins, journalistes ou cuisiniers dont les parents exerçaient déjà cette profession. Une étude de l’INSEE évalue à un tiers ce mimétisme parental – surtout paternel.