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Oups, sorry, j'ai voté #Brexit

Les premiers effets néfastes du référendum provoquent le désenchantement de certains électeurs britanniques qui disent regretter leur décision

L’illusion n’aura pas duré. Quelques jours à peine après avoir plébiscité une sortie de l’Union européenne, nombre de Britanniques expriment à présent leurs regrets sur les réseaux sociaux. Panique sur les marchés boursiers, démission du premier ministre David Cameron, remise en cause du programme de mobilité Erasmus ou encore effondrement de la livre sterling: les premiers effets néfastes du vote ont provoqué une vague de désenchantement chez les quelque 17,4 millions de partisans du #Brexit. Les aveux de Nigel Farage, qui a reconnu avoir menti durant la campagne, accentuent le sentiment de trahison. Prévisible, clament les électeurs pro-européens qui ne se privent pas du traditionnel: «On vous l’avait bien dit!»

«Nous sommes comme cette fille qui s’enivre puis laisse tomber son copain stable parce qu’elle s’ennuie et qui réalise ensuite qu’elle a gâché sa vie»

Promesse non tenue

Contrairement à ce qu’il avait affirmé, le leader du parti UKIP n’a pas l’intention de reverser quelque 350 millions de livres sterling par semaine à la sécurité sociale britannique. «Je ne ferais jamais cette promesse. C’était l’une des erreurs qu’a commises le camp du Out», a-t-il déclaré à la chaîne ITV. Ce faisant, le partisan de l’indépendance fait tomber l’un des arguments phares de la campagne pro-Brexit. Et certains regrettent déjà leur vote. «Vous êtes un menteur sanguinaire, s’indigne @StephenTissing2. Vous avez trompé les classes populaires en disant que de l’argent pourrait être investi dans le National Health Service.»

Prise de conscience brutale

«Je pense que personne ne pouvait réellement considérer que cela puisse arriver», estime @TrulyJuly. Et pourtant. Chez les partisans du Brexit, la prise de conscience est brutale. «Les regrets autour du Brexit sont bien réels. Il semble que nombre de personnes n’ont pas vraiment pris conscience de ce qu’elles faisaient ou ne l’ont pas pris au sérieux. Terrifiant.»

A tel point que certains se prennent à rêver d’un nouveau vote. «Si j’avais la possibilité de voter à nouveau, ce serait pour rester», déclare @AnimatedWoman. Une pétition réclamant un second référendum a d’ores et déjà été signée par 3,7 millions de personnes. Un second texte, pour l’indépendance de Londres, a quant à lui récolté l’appui de 130’000 internautes sur le site Change.org.

Un renversement de situation qui surprend. ««C’est juste un vote et mon vote ne compte pas» si nous comptions le nombre de fois où les partisans du #Leave ont dit ça durant le week-end, le #Remain gagnerait», déplore @ShwanKamiran.

Les pro-européens fulminent

Du côté du camp pro-européen, on dresse la caricature d’un échec avec humour et on brandit haut le hashtag #NotMyVote. «Faites attention à ce que vous demandez, vous pourriez bien finir par l’obtenir #BrexitRegret», tance @anna_md_johnson.

«Voilà ce qui se passe quand vos cellules de cerveau ne peuvent pas intégrer davantage que des slogans #Brexitregret #Remain. Repentez-vous à loisir», attaque @diosceptic. D’autres ironisent sur un mauvais réveil après une nuit agitée. «Nous sommes comme cette fille qui s’enivre puis laisse tomber son copain stable parce qu’elle s’ennuie et qui réalise ensuite qu’elle a gâché sa vie», lâche @Leila_MA.

Attention au vote de contestation

Un vote de contestation n’amène jamais rien de bon: c’est l’avis de certains internautes qui voient dans le Brexit un avertissement en vue des présidentielles américaines. «Le #BrexitRegret devrait servir de leçon aux partisans de Bernie Sanders qui comptent voter contre Hillary pour protester. Ne le faites pas! Une victoire de Trump mènerait à une catastrophe globale», prévient @GeekDorkNY.

En France aussi, les détracteurs de Jean-Marie Le Pen en profitent pour lancer un cri d’alarme. «Le regret des partisans du #Brexit préfigure la claque que prendraient ceux qui, en 2017, voteraient FN par contestation. Il faudra assumer», estime @BMoon_bee.

Lire aussi: Pourquoi les vainqueurs du Brexit cherchent à gagner du temps

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