Le 13 juin dernier, les Suisses refusaient dans les urnes la fameuse loi sur le CO2, se privant ainsi d’un outil imparfait mais essentiel pour mettre la Confédération sur la voie de la réduction de ses émissions de carbone et l’économie helvétique sur la voie de la modernisation. Depuis lors, se multiplient les analyses en tout genre, chacun voyant dans ce refus ce qu’il souhaite y voir.

D’un côté de l’échiquier politique, on serait prompt à penser que l’échec de la loi CO2 voue aux gémonies les instruments économiques libéraux, en premier lieu desquels la taxe sur le CO2. A la place, on devrait leur préférer des outils législatifs tels que les normes et les interdictions. Du bord opposé, on jure que ce refus montre l’aversion de la population pour une taxe punitive et on veut se reposer sur l’illusion que la main invisible, l’innovation et l’économie de marché suffisent à régler le défi climatique. Si l’analyse est différente, ces deux lectures du vote ont un point commun: il faut se débarrasser de la taxe sur le CO2.