Qu’attend MBS? Il ferait plaisir à Donald Trump. En ces temps de débats foireux qui se retournent contre le bateleur malade de la Maison-Blanche, un coup de main, avant l’élection du 3 novembre, serait bienvenu. Or Mohammed ben Salmane a une très belle carte dans son ample manche: la reconnaissance d’Israël. Le prince héritier saoudien y est prêt. Il a donné son aval à ses amis – les Emirats arabes unis – et à ses vassaux de Bahreïn pour mettre fin, en éclaireurs, à l’état d’hostilité avec l’Etat juif. Alors qu’attend-il, MBS, quelle garantie, quelle bénédiction de son père, pour couronner de sa signature ces accords d’Abraham qui inaugurent, au Proche-Orient, un basculement? Ça viendra.

S’il existait un Prix Nobel de diplomatie (difficile: il récompenserait trop de froid réalisme, de cynisme et d’opportunisme), il faudrait le décerner à Benyamin Netanyahou, le premier ministre israélien. Car c’est bien lui, et non pas les émirs, ou Jared Kushner, le gendre de Trump, qui a organisé cette percée: obtenir d’Etats arabes influents la fin d’un état de belligérance que justifiait le soutien, depuis 1947, au combat pour la Palestine, sans accorder aux Palestiniens la plus petite concession, l’occupation de leur territoire étant tacitement avalisée. Chapeau l’artiste.