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Le Panama, pays centre-américain peuplé d'un peu moins de 3,9 millions d'habitants, compte pas moins de 350 000 sociétés offshore enregistrés sur son sol. L''une des plus grande densité au monde.
© RODRIGO ARANGUA

Revue de presse

«Panama Papers», les révélations sur l'industrie offshore ébranlent les puissants et les Etats

La plus grande fuite de données de l’histoire affole les riches et de nombreux pays. Pour certains, elle illustre l’inégalité des contribuables face à l’impôt. Notre revue de presse

«Quel est le point commun entre Lionel Messi, Vladimir Poutine, le premier ministre islandais David Gunnlaugsson et 732 Belges?» interroge le quotidien du Plat Pays Le Soir. C’est bien sûr le recours à des sociétés offshore pour y dissimuler leur argent.

La plus grande fuite de données jamais exploitées par les médias a mis un sacré bazar dans cette industrie qu’est la vente de sociétés écrans. Révélée par le consortium de journalistes ICIJ, elle a permis de cartographier «presque en temps réel, un pan entier de la finance mondiale, jusqu’alors à l’abri des regards», affirme Le Monde. Parmi les clients du cabinet d’avocats panaméen Mossack Fonseca, on retrouve cinq chefs d’Etat en fonction, 38 hommes politiques et hauts fonctionnaires ou des proches de dignitaires.

The Guardian s’est intéressé à l’un d’eux: Sergei Roldugin, proche du président russe Vladimir Poutine, et qui est également le parrain de sa fille. Le quotidien britannique décrit comment ce musicien professionnel est parvenu à accumuler une fortune estimée à plusieurs centaines de millions de dollars et – avec l’aide d’avocats suisses – l’a placée dans des sociétés offshore de Monsack Fonseca avant de le rapatrier en Russie. La fortune personnelle de Vladimir Poutine reste l’objet de nombres spéculations mais «des câbles diplomatiques américains suggèrent que Poutine est en mesure d’en garder le contrôle via des proxies», rappelle The Guardian.

Un spécialiste d’éthique de la FIFA impliqué

On s’était habitué à voir la FIFA empêtrée dans de sombres affaires. Les «Panama Papers» contiennent aussi un chapitre qui lui est dédié. Et plus précisément à sa commission d’éthique. Juan Pedro Damiani, chargé de «faire le ménage» dans le récent scandale qui a fait vaciller la plus haute instance du football mondial, «n’est pas seulement un gardien de l’éthique de la FIFA, il est aussi un riche avocat uruguayen, spécialisé dans le montage de sociétés écrans», dénoncent la Tribune de Genève et 24 heures. Il a lui-même entretenu pendant plusieurs années des relations d’affaires avec trois personnes inculpées pour corruption dans le FIFAgate. C’est ce que révèlent les mouvements financiers via une société offshore de Mossack Fonseca notamment sur un compte en Suisse.

Des meneurs de jeu qui feintent le fisc

Michel Platini, déjà sanctionné par une affaire «de gestion déloyale et de conflit d’intérêts», figure aussi parmi les clients de Mossack Fonsealney. Il aurait créé Balney, une société inscrite au registre panaméen avec des ramifications banquières en Suisse, onze mois après son élection à la tête de l’organisme européen du football. «A quoi sert Balney, créée à l’initiative de cette banque, et chapeautée par cinq directeurs, manifestement des prête-noms? Pourquoi Michel Platini, 60 ans, a-t-il procuration pour cette mystérieuse société?» s’interroge Le Monde.

Un autre célèbre numéro 10 est également mentionné dans les Panama Papers: celui du FC Barcelone. «Leo Messi est en passe de réussir à ce que sa carrière de fraudeur fiscal atteigne le niveau de ses extraordinaires exploits sportifs», écrit le journal économique digital espagnol El Confidencial. Avec la chaîne TV La Sexta, ils expliquent comment l’astre argentin s’est tourné vers de nouveaux montages financiers, quelques heures seulement après avoir été inculpé par le fisc espagnol pour l’évasion de 4,1 millions d’euros.

Inégaux face à l’impôt

Pour Le Monde, toute cette affaire prouve que l’application des législations anti-blanchiment d’argent doit être renforcée: «Malgré les révélations successives et la volonté affichée des Etats à réguler les paradis fiscaux, il demeure toujours aisé pour les banques et leurs clients de se jouer des réglementations nationales.»

A titre d’illustration, le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, à l’origine des Panama Papers, a élaboré un tutoriel de création de sociétés écrans, une opération «presque aussi simple qu’un achat en ligne».

Du côté du Guardian, sous la plume de Juliette Garside, on rappelle qu’il n’y a, en soi, rien d’illégal à créer une société offshore tout en rassurant sur la non-publication des millions de données concernant les riches anonymes. Pour l’éditorialiste, la question de la répartition du fardeau de l’impôt reste toutefois entière: «Les avantages financiers octroyés par ces structures ne sont pas accessibles au contribuable ordinaire. […] Sans surprise, l’opinion publique s’interroge sur la moralité d’un système qui propose de tels avantages aux plus fortunés.»

En attendant, et sur un ton plus léger, le contribuable lambda pourra se consoler en testant le jeu vidéo «Stairway to Tax Heaven» créé par le consortium ICIJ qui lui permettra d’incarner un instant un footballeur, une femme politique ou un chef d’entreprise dans sa course-poursuite contre le fisc.


 

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