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Le pape François exhorte l'Europe à plus d'humanisme.
© STEFANO RELLANDINI

Opinion

Le pape et l’Europe

«Que t’est-il arrivé, Europe humaniste?»: telle est la question que pose le pape François à un continent qui semble trahir ses valeurs

C’est par cette question que le pape François, fils d’un émigrant italien en Argentine s’est adressé aux principaux représentants des institutions européennes venus assister au Vatican à la remise du prix Charlemagne le 6 mai. Un prix attribué au souverain Pontife en l’honneur de son indéfectible engagement européen. Qui l’eut cru? On ne peut mieux illustrer ce que peut devenir un «migrant» dont les parents avaient été accueillis par l’Argentine après la guerre.

Si, en 2014, lors de son discours à Strasbourg au Parlement européen, le Pape François avait traité l’Europe de «grand-mère fatiguée», il a «boosté» le parterre d’Européens réunis à l’occasion du prix en les enjoignant de construire les bases d’un «nouvel humanisme européen». Un humanisme à établir sur trois piliers: l’intégration, le dialogue et la création quelque chose de nouveau.

La capacité d’intégration de l’Europe est inséparable de son identité. «L’identité européenne est, et a toujours été, une identité dynamique et multiculturelle, a-t-il déclaré. Elle doit le rester ceci plus particulièrement au moment de l’arrivée de réfugiés sur les côtes européennes. Un phénomène qui diffuse des peurs identitaires à travers tout le continent et pousse au repli sur soi.

Contre cette tentation, il a bien souligné «la grandeur de l’âme européenne née de la rencontre de civilisations et de peuples». Soit dit en passant, ce sont justement ces valeurs que les djihadistes cherchent à détruire, pour anéantir l’Europe. Il a longuement parlé de l’importance d’associer les jeunes et leurs rêves à cette nouvelle construction européenne alors que l’euroscepticisme gagne partout du terrain.

Mais pour les associer, il faut d’abord leur donner du travail d’où la nécessité de créer une économie sociale de marché (d’origine allemande) inscrite d’ailleurs comme objectif de l’Union européenne. La recherche de maximalisation du profit n’est donc pas la solution, il faut trouver de nouveaux modèles économiques plus inclusifs et équitables, refuser l’exclusion, un mot cher au Pape, pour fonder ce nouvel humanisme européen.

Pour cela, il a aussi demandé l’assistance de son Eglise et de tous les chrétiens, menant ainsi la promotion de leur unité. Le Pape a jalonné son discours de références aux personnalités qui ont fondé la construction européenne après les horreurs de la Deuxième guerre mondiale: Robert Schuman, Konrad Adenauer, Alcide de Gasperi, les philosophes Elie Wiesel et le jésuite polonais Erich Ptzywara. Un grave moment historique que cette remise de prix à laquelle assistaient aussi Angela Merkel, le roi d’Espagne Felipe IV, Matteo Renzi, Mario Draghi, Najat Vallaud-Belkacem (pour la France…) et de nombreuses autres personnes.

Un discours qui, pris dans son ensemble montre bien la direction que devrait prendre l’Europe, elle qui n’est pas étrangère aux conflits qui enflamment le Moyen-Orient et a aussi généré des djihadistes sur son sol…


Christine von Garnier, sociologue

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