la chronique

Parachute doré

Marie-Hélène Miauton rappelle que la gauche n’a pas le monopole du cœur, pas plus que la droite n’a le monopole du porte-monnaie

La semaine dernière, on apprenait que le président de la Fédération des médecins suisses (FMH) allait toucher un parachute doré de 800 000 francs suisses pour n’avoir pas été réélu lors de la dernière assemblée générale. Cette somme correspond à l’équivalent de deux fois le salaire annuel que lui valait sa présidence. Ce montant a interloqué certains médecins (comment ne le savaient-ils pas?) et de nombreux Suisses, qui pensaient sans doute que ce type de prestations royales était le fait des seuls chefs d’entreprise, bien sûr de droite, donc suceurs du sang de la plèbe et indifférents aux misères du monde. Mais là, il s’agit en l’occurrence d’un socialiste bon teint!

Pourtant, la théorie veut que le porte-monnaie soit à droite et le cœur à gauche. Ce qui induit, sans qu’il soit dit, que la droite n’a pas de cœur et la gauche un porte-monnaie vide. Que ce soit faux, que des exemples surabondants prouvent le contraire, que des scandales très gênants pour la théorie éclatent, n’empêchent pas le dogme de perdurer parce qu’il est sans cesse asséné. L’effet de répétition, règle d’or de la propagande, permet donc au mensonge de supplanter la vérité.

Vous désirez des exemples? DSK, beaucoup d’argent et visiblement sans cœur ni scrupules, même en occultant les comportements sexuels compulsifs qui n’ont rien à faire avec mon propos. L’élue verte Florence Lamblin, accusée de tremper dans le scandale du blanchiment d’argent de la drogue entre Paris et Genève. Jérôme Cahuzac, ministre français du Budget, visiblement très empêtré dans sa négation de tout compte en Suisse… Que des Français, me direz-vous! Oui, mais c’est le pays où la gauche est la plus dogmatique, ce qui n’empêche donc rien. En Allemagne, le candidat social-démocrate à la Chancellerie, Peer Steinbrück, économiste de formation, vend très cher ses conférences puisqu’il a empoché pour les donner la modique somme de 1,25 million d’euros entre 2009 et 2012, ce qui venait en sus de ses revenus de parlementaire.

En Suisse, inutile de citer les noms de la gauche caviar que tout le monde connaît. Pour éviter de personnaliser la réflexion et rester dans une démonstration générale, il suffit de relire les appartenances partisanes telles qu’elles ressortent des analyses des élections: 22% de personnes de formation supérieure ont voté pour le PS, contre 14% seulement de celles qui sont au bénéfice d’un apprentissage! De même, les citoyens gagnant plus de 9000 francs par mois ont été 18% à voter PS, contre 12% seulement de ceux qui se contentent d’à peine 3000 francs! Rien à rajouter.

A dire vrai, je trouve absolument normal qu’une personne de gauche ne répugne pas à gagner de l’argent puisque c’est, peu ou prou, un réflexe naturel de préférer l’aisance au dénuement. Par ailleurs, le fait d’être riche n’empêche pas la générosité ni le goût du bien commun, dont la gauche se fait pourtant un monopole en laissant accroire que les «nantis» sont tous de droite alors qu’on en trouve bon nombre dans ses rangs!

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