«Laissons faire ceux qui ont envie de faire. Pour notre part, nous nous occuperons de nos affaires.» Pour sept électeurs sur dix qui ont boudé les urnes en pays vaudois ou bernois en ce mois de mars, tout va donc bien dans nos cantons. Qu’importe qui gouverne, de droite ou de gauche. En dernier recours, c’est le peuple qui aura le dernier mot. Signe de la stabilité du système et de la société, de l’absence de crise profonde, expression de la satisfaction à l’égard de la démocratie semi-directe, l’abstentionnisme n’a cessé de croître depuis une vingtaine d’années lors du renouvellement des autorités cantonales. Comme si une grande majorité d’électrices et d’électeurs avaient intégré que le pouvoir de changer les choses n’est plus dans les chefs-lieux cantonaux. Reléguant conseillers d’Etat et députés au rang de simples gestionnaires de la vie quotidienne.