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Juste après le concert d’Ariana Grande, à Manchester.
© Rui Vieira/AP/Keystone

Charivari

Paris, Nice, Manchester: la fin de l’insouciance

La violence ne tue pas que des personnes, elle tue aussi l’idée de la fête, le droit à la joie

Manchester, lundi, à la sortie du concert d’Ariana Grande. Nice, le 14 juillet dernier, après les feux d’artifice sur la promenade des Anglais. Orlando, dans une discothèque gay, le 13 juin de la même année. Et bien sûr, encore avant, le Bataclan, en plein concert rock, ce funeste 13 novembre 2015 qui a tant marqué.

A chaque fois, un lieu de musique et de fête transformé en scène de sang. A chaque fois, la joyeuse insouciance brisée par un acte barbare, violent. Comme si, non contents de toucher des innocents, les attentats terroristes devaient en plus punir ceux qui ont l’idée, l’audace de se divertir. Bien sûr, des aéroports, des gares, des ponts, des marchés ont aussi été touchés depuis le 7 janvier 2015, date de l’assaut de Charlie Hebdo. La vraie cible du terrorisme est la foule, le rassemblement – la Manchester Arena peut contenir jusqu’à 20 000 personnes. Pour les auteurs, peu importe que le piège se referme sur des individus stressés ou rayonnants. Le but est évidemment de toucher un maximum de gens.

Question de vulnérabilité…

Mais, symboliquement, l’image est plus forte quand c’est la fête qui est foudroyée. Et aussi, comme lundi, lorsqu’un grand nombre de victimes potentielles sont des enfants et des adolescents. Question de vulnérabilité. Quand on rit, on boit, on danse, notre corps envoie valser les nuages sombres de la journée, il ensoleille nos pensées. On fait ami-ami avec le voisin, la voisine, on beugle des refrains en anglais yaourt, on plane à des milliers d’années de toutes préoccupations, confiants, allégés. Pareil à la fin d’un concert.

Récemment, je suis allée voir Julien Doré, le chéri de ces dames, à l’Arena de Genève. Le public a acclamé debout le petit prince de la pop française qui, auparavant, nous avait fait chanter à tue-tête des «oh-oh» cadencés. L’invitation était inopinée: le matin, je ne savais pas que, le soir, j’irais voir Julien. Le résultat était palpable. Je flottais, entre Martini blanc et foule euphorisée. Dans un état de bien-être joyeusement déconnecté.

Et là, à Manchester, une bombe. D’abord, la stupeur, puis la panique totale. Les cris, la fuite, le chacun pour soi. J’imagine sans peine la scène et mon cœur se serre à l’idée de ce que les jeunes Anglais et leurs parents ont dû vivre lundi soir. La mort pour certains, les blessures, parfois irréversibles, pour d’autres et, pour tous, la fin de la joie. Le terrorisme, souverain, implacable, est vraiment là: dans la fin de la joie.


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