Charivari

Le parking à 1000 balles

OPINION. Les tracas ne viennent jamais d’où l’on croit, constate notre chroniqueuse, qui avait peur du trajet et a pris cher pour le stationnement

C’est une histoire drôle qu’un ami a racontée dimanche et qui me poursuit depuis. Un auto-stoppeur monte dans une voiture et, après quelques minutes, interpelle le conducteur: «Vous n’avez pas peur de tomber sur un pervers sadique?» «Non, répond le conducteur. La probabilité pour que deux pervers sadiques se trouvent au même moment dans un même véhicule est extrêmement faible.» J’adore!

Directement à la fourrière

De fait, le danger ou simplement les tracas surgissent rarement où l’on croit. Je viens d’en faire l’expérience – exaspérante et coûteuse – avec ma propre voiture. Mille soixante-cinq francs! Voilà la coquette somme que j’ai dû débourser pour récupérer à la fourrière genevoise l’engin qui avait été bien garé, sur une place illimitée, moyennant le macaron, mais qui aurait dû être dégagé le jour d’après pour laisser l’accès à un camion de la télévision. Ce qui ne fut pas fait, puisque la personne qui a parqué la voiture tard dans la nuit n’a pas remarqué les panneaux annonçant cette disposition… C’est donc une inattention qui coûte cher, mais là n’est pas seulement la question.

Neuf heures pour 500 kilomètres

Ce que je trouve édifiant dans cette histoire, c’est la dramatisation inversée. Cette inattention a eu lieu de retour de vacances dans une ville du sud de la France qu’on rejoint depuis Genève en cinq heures, quand tout va bien. Comme, à l’aller, on avait mis neuf heures à cause d’un camion en feu et d’un accident au péage de Valence, on craignait méchamment le retour. Qui, de fait, nous a réservé une tempête spectaculaire à Chambéry et une sortie d’autoroute, pour travaux nocturnes, à Annecy. Mais rien de grave, nous disions-nous, soulagés d’arriver entiers à Genève et dans un délai correct. Un soulagement un peu trompeur, donc, puisque le bug allait surgir juste après, avec ce parking malheureux et une facture corsée – merci à la police municipale et au garagiste qui ne m’ont pas prévenue pendant deux semaines – à la clé!

Puisqu’on se trompe, lâchons!

La morale de cette histoire? On a tort d’angoisser, car l’expérience montre qu’on se trompe souvent, pour ne pas dire toujours, de cible. Le destin, taquin, nous épargne là où nous anticipons le drame et nous coince, s’il nous coince, là où nous ne redoutons rien. La solution? Lâcher prise et ne pas perdre de l’énergie à imaginer le pire. Le conducteur sadique le rappelle plus haut: ce pire-là ne vient jamais d’où l’on croit. Une autre solution? Jeter sa voiture dans le lac et prendre le train.


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