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Doris Leuthard lors de la Journée de l'innovation consacrée aux médias, à l'EPFL le 23 août dernier.
© Eddy Mottaz

Révolution de palais

Quand le parlement fédéral veille sur les médias

En cette rentrée, ce ne sont pas les médias qui parlent des politiciens, mais l’inverse

D’habitude, en démocratie, les médias parlent des politiciens. En cette rentrée, à Berne, c’est l’inverse: les politiciens parlent des médias. Ce qui leur donne aussi de la visibilité. La semaine dernière, des médias ont ainsi invité des élus pour qu’ils parlent d’eux (les médias). Et c’est rigolo quand une journaliste du service public demande à un élu de gauche si «27 chaînes de service public, ce n’est pas trop».

Il faut dire que la droite conservatrice a sorti l’artillerie lourde. Elle veut supprimer la SSR. Bien sûr, elle ne le dit pas comme ça, sinon elle ne serait plus invitée. Elle demande juste que la SSR soit interdite d’Internet. En gros, elle peut produire des programmes, mais pas les diffuser. Ou alors uniquement dans de vieux appareils que personne ne consulte. Vendredi, la droite dure a ainsi convoqué la presse pour exiger qu’on garantisse «l’indépendance des médias des influences de l’Etat», tout en voulant que le même Etat interdise au plus important média du pays de diffuser ses informations. Ce qui, le soir, a fait la une de la bonne vieille «radio d’Etat» (comme disait Couchepin). Cherchez l’erreur.

Un «apéro riche»?

J’avoue, je suis partial, j’apprécie notre «radio d’Etat». En bon lobbyiste, j’organise d’ailleurs un «apéro riche» lors de la prochaine session sur la question. Pour ceux qui auraient raté le dernier épisode de notre feuilleton fédéral, «apéro riche» est un terme alémanique désignant un cocktail dînatoire. A ce propos, petite parenthèse, mes camarades alémaniques ont accepté que le débat soit animé en français. Un petit pas pour l’homme, un grand pas pour la Suisse romande. Parenthèse fermée.

Nous organisons donc une petite sauterie pendant la prochaine session. Au programme: conseillère fédérale, discours et petits fours. Nous misons sur une forte présence parlementaire. C’est mal parti: la première réponse fut une leçon de lobbying d’un collègue agacé. Il nous écrit que le sujet est sympa, mais qu’il y a trop d’intervenants. Il dit qu’il en a marre de ces apéros où on perd son temps à écouter des discours, et propose qu’on passe directement aux questions, en sautant les présentations. En clair: «Je veux bien venir donner mon avis, mais écouter les autres, non merci.» Avant de ponctuer, gracieusement, qu’il va peut-être quand même venir: un membre de sa famille est journaliste. Waouh!

Médias suisses, dormez tranquilles: le parlement veille sur vous. Et tant pis pour la démocratie.

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© Gabioud Simon (gam)