Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Le président des Etats-Unis, Donald Trump, en compagnie du secrétaire général du parti communiste chinois, Xi Jinping, et de leurs épouses à la Cité interdite. Pékin, 8 novembre 2017.
© JONATHAN ERNST / Reuters

Nouvelles frontières

Pour le Parti communiste chinois, Trump fait un sans-faute

Durant son séjour à Pékin, Donald Trump s’est en tout point conformé aux attentes du Parti communiste chinois. Pour le pouvoir chinois, ce président est vraiment «great»

Avec la venue de Donald Trump à Pékin, c’est un peu comme si le congrès du Parti communiste chinois avait joué les prolongations. Le président américain s’est parfaitement inséré dans la chorégraphie destinée à imposer la toute-puissance du secrétaire général Xi Jinping dans ses nouveaux habits d’empereur.

Petite leçon d’histoire

Alors que les masses, les cadres, les intellectuels, les prolétaires et les entrepreneurs, les étudiants et les retraités ainsi que toutes les ethnies du pays sont invités à étudier la «pensée Xi Jinping», le dogme du régime, le président chinois a accueilli son hôte américain dans… la Cité interdite, l’ancienne résidence du Fils du Ciel. Là, la télévision d’Etat chinoise, seule admise, a pu filmer une petite leçon d’histoire.

Face à un Trump évoquant les «5000 ans de civilisation chinoise» – reprenant ainsi la vulgate du pouvoir chinois – et les comparant aux «8000 ans de l’Egypte», Xi a corrigé en levant l’index de la main droite: en Chine, il faut en réalité parler de «3000 ans d’histoire écrite», mais, contrairement à l’Egypte, la civilisation chinoise s’est perpétuée jusqu’à nos jours. Xi Jinping ajoute, en souriant, que les Chinois ont les «cheveux noirs» et la «peau jaune» et qu’on les appelle les «descendants du dragon». A quoi le président américain, admiratif, répond: «That’s great!» («C’est formidable!»). Le maître bienveillant face à l’élève un peu ingénu. Les images ont été relayées par la propagande du parti.

La faute à Obama

«That’s great», Donald Trump l’a répété à l’égard de toutes les réalisations de son hôte durant la quarantaine d’heures passées sur sol chinois. Le thé, le banquet, la cérémonie militaire, les contrats. Tout était «great». Même dans le domaine sensible du déséquilibre commercial (que Trump décrivait l’an dernier comme le plus grand «viol» de l’histoire), la Chine est désormais «great». En effet, si la Chine a su profiter des autres, c’est tant mieux pour les Chinois, a expliqué Donald Trump. «Je le reproche en revanche aux précédentes administrations» (américaines), a-t-il ajouté. La presse d’Etat chinoise a souligné la «sagesse» de Donald Trump, un président qui a compris que «la coopération était préférable à la confrontation».

Aucune question de journaliste

Donald Trump, à qui on a permis de tweeter dans un pays qui interdit Twitter, n’a rien trouvé à redire au fait qu’aucune question de journaliste n’a pu être posée durant son périple chinois. C’était jusqu’ici l’enjeu d’un bras de fer entre Pékin et Washington. Cela ne l’est plus. Qui osera encore faire cette demande à l’avenir? Des journalistes ont râlé. La presse du parti (communiste), venant au secours de Donald Trump, pouvait de son côté dénoncer les «œillères idéologiques» des «médias occidentaux» qui critiquent le président américain.

Pékin a juste forcé le trait

Certains penseront que Xi Jinping a mis le prix pour faire de Donald Trump son automate (de nombreux empereurs chinois ont été fascinés par les automates) disant «great» à tout ce qu’il fait. Des contrats pour 250 milliards de dollars, c’est du jamais-vu. L’annonce de l’ouverture du marché de la finance, c’était devenu inespéré. N’est-ce pas là un excellent «deal»? C’est oublier que les contrats lors d’une visite d’Etat relèvent du pur effet d’annonce, donc du symbole. Pékin a juste forcé le trait. Quant à l’ouverture promise du marché financier, Pékin ne fait que respecter, à reculons, ses engagements pris dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce.

Notez que cette annonce-là a été faite au lendemain du départ de Trump. Le jour où Xi Jinping vantait depuis le Vietnam l’ouverture des marchés dans un forum Asie-Pacifique alors que Trump rejetait tout nouveau traité commercial au nom de son «America first».

Lire aussi: Quand Donald Trump passe le relais à Xi Jinping

Publicité
Publicité

La dernière vidéo opinions

Cannabis: adieu fumée, bonjour vapeur

Fumer, c’est aussi dangereux que has been. Pour profiter du goût et des effets du CBD sans se ruiner la santé, mieux vaut passer aux vaporisateurs de cannabis, élégante solution high-tech qui séduit de plus en plus de Suisses. Nous les avons testés

Cannabis: adieu fumée, bonjour vapeur

n/a
© Gabioud Simon (gam)