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Pascal Broulis fait visiter le nouveau parlement vaudois en mars 2017. 
© François Wavre/Lundi13

Editorial

Pascal Broulis doit s’expliquer

Le magistrat vaudois a intérêt à publier les détails de sa situation fiscale le plus vite possible. Cela empêcherait l’affaire de sa double domiciliation de prendre une ampleur démesurée

La faute est sans doute vénielle, mais il plane un sentiment de malaise autour de «l’affaire Broulis». Le magistrat se voit reprocher de payer l’essentiel de ses impôts à Sainte-Croix alors qu’il vit et travaille la plupart du temps à Lausanne. Le problème n’est pas que la cité perchée du Jura vaudois soit attractive fiscalement – elle l’est à peine plus que la capitale cantonale, où les impôts sont lourds. Il réside plutôt dans le fait que le magistrat semble avoir décidé tout seul où devrait se situer son domicile fiscal, en fonction de ses goûts et affinités personnelles.

Dans n’importe quel autre cas, l’administration fiscale vaudoise demanderait des comptes au contribuable concerné. Pour savoir si la commune où il paie ses impôts est bien celle où il vit et travaille la plupart du temps. Mais la situation de Pascal Broulis est unique: il dirige les services chargés de contrôler sa propre situation.

Lire aussi: L'embarras fiscal de Pascal Broulis va s'aggraver

Bien que le ministre des finances vaudoises affirme que son double domicile a été validé par les communes de Sainte-Croix et Lausanne (qui se partagent ses revenus fiscaux 2/3 - 1/3), l’ombre d’un doute subsiste. Pourquoi a-t-il attendu 2011 pour répartir ses impôts entre les deux villes, comme l’affirme Le Matin Dimanche, s’il a été élu au Conseil d’Etat en 2002? Qui a contrôlé et validé la répartition de son emploi du temps entre ses deux résidences durant toutes ces années? A quel moment Pascal Broulis a-t-il décidé qu’il pourrait continuer à payer la majorité de ses impôts à Sainte-Croix, alors qu’il passe le plus clair de son temps à Lausanne (ce qu’on est forcé de conjecturer par de multiples indices, l’école de son fils, l’appartement de sa femme, puisque aucun contrôle indépendant sur ce point n’est possible)?

Lire aussi: L’affaire Broulis prend une tournure politique

Ne pas tergiverser

Il serait dommage que Pascal Broulis doive passer la fin de son mandat à se justifier concernant sa double domiciliation. Au lieu de tergiverser en réservant ses réponses pour le Grand Conseil, il devrait sans attendre publier toutes les informations pertinentes pour permettre au public de juger sa situation fiscale. Une instance extérieure devrait déterminer s’il a bénéficié d’une forme de complaisance dans la modulation du paiement de ses impôts. Ces sacrifices à la transparence permettraient de restaurer l’estime et la confiance, aujourd’hui écornées, des contribuables vaudois.

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