«Qu’est-ce que j’ai fait de mon portable?» En m’entendant prononcer cette phrase l’autre jour, alors que je retournais frénétiquement les coussins du salon, quelque chose m’a frappé. Ma capacité à égarer trois objets par minute, ou à parler toute seule dans mes moments de confusion? Rien de nouveau sous le soleil. Non. J’ai réalisé avec stupeur que j’invoquais le plus naturellement du monde, et à répétition, ce mot: «portable».

Mais qu’est donc devenu le bon vieux «natel»? Cette délicieuse spécialité du lexique suisse – contraction du terme «Nationales Autotelefonnetz»? Je ne sais pas vous, mais de mon côté, je ne l’utilise et ne l’entends presque plus, et Swisscom l’a officiellement abandonné en 2017. Remplacé par un incontournable anglicisme («smartphone») ou un générique («téléphone»). Tombé dans un sombre interstice, comme mon Samsung dans le canapé.