Les politiciens suisses entament un long et périlleux débat sur notre système de prévoyance vieillesse. Ils n’ont pas le choix. L’espérance de vie augmente. Si rien n’est entrepris, dès 2020, l’AVS devra puiser dans sa fortune pour payer les rentes. Le 2e pilier est également mis en péril par l’incertitude des placements boursiers.

Le ministre Alain Berset a annoncé la couleur. Il veut maintenir le niveau global des rentes en demandant des efforts aux uns et aux autres. Surtout, il veut garder une vue d’ensemble sur les réformes nécessaires de l’AVS et du 2e pilier.

Le mariage des deux dossiers sera houleux. Il faudra à Alain Berset des nerfs d’acier et une redoutable capacité de conviction pour garder une ligne et au bout du compte décrocher une majorité politique. On en est loin. Pas moins de quatre initiatives populaires viennent obstruer le chemin, dont la plus redoutable, «AVSplus», ne demande rien de moins qu’une hausse de 10% des rentes du 1er pilier. Dans le quatuor, il faut encore citer l’initiative «1:12» sur les salaires, dont l’impact sur les cotisations ne sera pas moindre en cas d’acceptation. La droite n’est pas passive mais c’est dans les coulisses qu’elle tente de tirer les ficelles à grands coups d’initiatives parlementaires.

Toutes ces salves contre le projet du conseiller fédéral socialiste sont compréhensibles. Comme toujours, à ce premier stade des discussions, chacun pose ses arguments sur la table. Avant de négocier.

Mais le parlement en sera-t-il capable? Avec un centre qui ne fait plus la loi, il a montré ces dernières années qu’il était susceptible de jeter à la poubelle des réformes importantes après des années de labeur. Il l’a fait avec la 11e révision de l’AVS en 2010 et plus récemment avec l’assurance invalidité. Et plus on s’approchera des élections de 2015, plus les partis seront tentés de privilégier leurs intérêts partisans.

Dans ce dossier qui marquera la fin de la législature, il y a beaucoup de chances pour que le futur rentier doive patienter avant de savoir exactement à quel âge il pourra prendre sa retraite et combien il touchera. Or, c’est ce qui intéresse le citoyen et il ne faudrait pas le perdre de vue car, à la fin, c’est lui qui tranchera.