«Le problème du logement en hiver date de la plus haute antiquité», nous dit l’indispensable Alexandre Vialatte au feuillet décembre de son Almanach des quatre saisons. On n’en a donc pas fini avec le logement. Le Conseil fédéral, dans son message sur l’initiative «Davantage de logements abordables», admet qu’il reste difficile, dans certaines régions et pour certains groupes de la population, de trouver un logement adapté à un prix accessible. Le rejet de l’initiative de l’Asloca qui se dessine ne permettra pas de refermer le couvercle.

Un choix de politique sociale

Si l’article 4 de la Constitution fédérale enjoint la Confédération et les cantons à veiller à ce que «toute personne en quête d’un logement puisse trouver, pour elle-même et sa famille, un logement approprié à des conditions supportables», c’est bien parce que le logement, en plus d’être un droit fondamental, se retrouve au cœur de toutes les questions politiques: sociales, environnementales, des transports, économiques et sociétales. Ainsi, sur le plan social, le Conseil fédéral admet lui-même dans son message que «84% des ménages touchés par la pauvreté, soit 10% des ménages, n’ont pas de logement adapté. Pour quatre de ces ménages sur cinq, le coût du logement représente plus de 30% du revenu brut.» La charge locative moyenne pour les ménages bénéficiant d’un revenu modeste entre 4000 et 6000 francs par mois est de plus de 25%, selon l’Office fédéral du logement. C’est bien plus que la moyenne nationale de 17% pour les 2,2 millions de locataires.