C’est le plus vaste coup de filet dans l’univers de la pédophilie sur internet. Cette semaine, les autorités de plusieurs pays, dont les Etats-Unis, ont fait tomber le site Welcome to Video, qui diffusait du contenu pédopornographique d’une violence extrême sur le dark web. En tout, 250 000 vidéos, dont près de la moitié avait été produite pour le site. L’opération, qui a abouti à la mise en détention de l’administrateur en Corée du Sud et de clients dans le monde entier, a surtout permis de mettre en sécurité des victimes, 23 enfants, alors que beaucoup d’autres n’ont pas encore pu être identifiés.

Etrangement, cette information intéresse peu les médias, mis à part les plus trash d’entre eux. Comme si ce phénomène terrible devait être relégué au second plan par pudeur ou convenance. Même chose du côté des autorités: peu de contrôles sont effectués sur le web et il n’y a tout simplement pas assez de moyens – légaux, policiers, techniques – pour protéger les enfants. L’opinion publique ne fait pas pression car elle n’a pas encore pris la mesure du problème. Aucun symbole ne s’est imposé dans la conscience collective pour illustrer cette tragédie. Et pour cause. Ces histoires détruisent la vie des victimes, elles ont besoin d’ombre pour se reconstruire.