Nouvelles frontières

Quand Pékin prend la Constitution américaine en otage

OPINION Le Parti communiste chinois s’appuie sur la Constitution américaine pour défendre Huawei. Une stratégie a priori gagnante, écrit notre chroniqueur Frédéric Koller. A moins que…

L’affaire Huawei était déjà au cœur du conflit commercial entre les Etats-Unis et la Chine. Elle est en passe de se transformer en pièce maîtresse d’une attaque en règle de Pékin contre l’Etat de droit américain en prenant sa Constitution en otage. Une opération qui pourrait tourner au désastre ou se révéler un coup de maître suivant la tournure des événements ces prochains mois. La partie va se jouer sur le plan judiciaire et politique. Voici comment.

L’an dernier, Huawei s’est hissé en tête des entreprises de télécoms au moment où la 5G s’impose comme la nouvelle norme de téléphonie mobile. L’entreprise de Shenzhen est la mieux placée pour rafler ce marché international. C’est le moment que choisit le Congrès américain pour voter une loi interdisant l’accès au marché américain au nom de la sécurité nationale, Huawei étant soupçonné d’espionnage au profit des services de renseignement chinois. Dans le même temps, la justice américaine déclenche une procédure contre la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, pour le contournement de sanctions américaines d’une part, et le vol de secret industriel d’une entreprise américaine d’autre part. Meng Wanzhou a été arrêtée en décembre lors d’une escale au Canada. La semaine dernière, la justice canadienne accédait à la demande d’extradition des Etats-Unis. Une décision qui doit encore être confirmée par le ministre canadien de la Justice.