Les avocats de François et Pénélope Fillon sont convaincants. Comment ne pas l’être d’ailleurs, au lendemain d’un réquisitoire de l’accusation taillé pour faire de ce procès «pour détournement de fonds publics», un moment républicain exemplaire? Les deux coaccusés, et le troisième prévenu Marc Joulaud (actuel maire de Sablé-sur-Sarthe, le fief de la famille Fillon) ont, selon les deux coprocureurs qui s’exprimaient mardi, «persisté durant plusieurs années dans un comportement par essence lucratif et strictement contraire aux valeurs fondamentales de la République». Lesquels «contribuent à aggraver la déchirure désormais ancienne du pacte républicain et sont d’autant plus intolérables au corps social qu’ils ont été commis par des personnes choisies par le suffrage universel pour incarner l’intérêt général». Un coup de massue à l’image de la peine demandée: 2 ans de prison ferme, 375 000 euros d’amende et dix ans d’inéligibilité contre l’ancien premier ministre. Trois ans avec sursis et 375 000 euros d’amende pour son épouse…