Les avocats de François et Pénélope Fillon sont convaincants. Comment ne pas l’être d’ailleurs, au lendemain d’un réquisitoire de l’accusation taillé pour faire de ce procès «pour détournement de fonds publics», un moment républicain exemplaire? Les deux coaccusés, et le troisième prévenu Marc Joulaud (actuel maire de Sablé-sur-Sarthe, le fief de la famille Fillon) ont, selon les deux coprocureurs qui s’exprimaient mardi, «persisté durant plusieurs années dans un comportement par essence lucratif et strictement contraire aux valeurs fondamentales de la République». Lesquels «contribuent à aggraver la déchirure désormais ancienne du pacte républicain et sont d’autant plus intolérables au corps social qu’ils ont été commis par des personnes choisies par le suffrage universel pour incarner l’intérêt général». Un coup de massue à l’image de la peine demandée: 2 ans de prison ferme, 375 000 euros d’amende et dix ans d’inéligibilité contre l’ancien premier ministre. Trois ans avec sursis et 375 000 euros d’amende pour son épouse…

L’intérêt, après une telle charge de l’accusation, était de savoir ce que les défenseurs de l’ex-prétendant à l’Elysée allaient sortir de leur chapeau pour convaincre les trois magistrates du tribunal. Or là, aucune surprise. Pas d’effet de manche appuyé pour venir à la rescousse du témoignage de Pénélope Fillon, l’épouse qui a eu tant de mal, durant les onze jours de procès, à convaincre de la réalité des travaux effectués pour son mari et dûment payés par ce dernier sur les fonds de l’Assemblée nationale (qui réclame en plus un million d’euros au couple). Un seul axe de tir: la démolition de l’investigation policière, puis de l’instruction.