Et tout à coup, ça recommence. Quoi, ça? Eh bien tout, partout. Tout se rallume, tout redémarre, tout se remet à exister. Réduit au murmure depuis trop longtemps dans le pandémonium pandémique, le monde se racle la voix, fait ses gammes et tonitrue. Subitement il se souvient qu’il parlait plus fort que les autres, quand il parlait sans masque, à la table du Grand dîner. Alors il retrouve sa morgue et sa superbe laideur. Il explose dans le ciel de Tel-Aviv, il s’écrase sur Gaza, il bastonne à Cali, il pétarade en mer de Chine. Et il rouvre les restaurants à la fin du mois.

Les affaires reprennent. Le virus recule, quoi qu’en disent les indicateurs. Il n’y peut pas grand-chose, le virus. C’est comme ça. Lui aussi est en train de retrouver la mémoire, sous ses petits airs d’apocalypse. Fini la terre brûlée du monologue hydroalcoolique. Ça ne pouvait pas durer, de toute façon. N’importe quel pangolin vous le dirait. Comment voulez-vous que quelques molécules de réel, si fourbes soient-elles, bâillonnent toutes les autres jusqu’à la fin des temps? Non, le virus n’a pas dit son dernier mot, mais désormais, il devra partager.