Opinion

Penser le désarroi avec l’écrivain Antoine Volodine

OPINION. Les Rencontres internationales de Genève s’interrogent cette année sur le désarroi qui s’empare des sociétés et qui affaiblit les démocraties, écrit l’historien Michel Porret.

Le désarroi rime avec l’effroi. Poète et résistant, René Char (1907-1988) a ciselé une œuvre d’espoir contre le désarroi moral et politique: «A chaque effondrement des preuves, le poète répond par une salve d’avenir.» (Seuls demeurent, 1938-1944). L’engagement juste et la création vivante endiguent les incertitudes du désarroi. Sous la République de Weimar, l’écrivain-philosophe Walter Benjamin (1892-1940) pointait la montée du Léviathan autoritaire quand la peur et le désarroi suivent l’incertitude politique dans la faille démocratique avant la catastrophe totalitaire.

Lire aussi: Antoine Volodine: «Il faut continuer à marcher, même si la marche ne conduit plus à rien»