Imaginer une agriculture écologique à l’avenir sous-entend imaginer déjà un avenir. Cela, d’un point de vue agricole et sans même tenir compte des changements climatiques, de leurs mystérieux points de bascule, semble compromis par la perte de biodiversité dramatique qui met en péril la reproduction végétale par pollinisation, soit la base même de nos chaînes alimentaires. Or, on ne peut parler d’agriculture sans parler d’alimentation, même si nombre d’agriculteur·rices ont l’impression de n’être que des paysagistes – le maintien du paysage rural est inscrit dans la Constitution suisse depuis 1996 – ayant pour but de faire affluer touristes, multinationales et investisseurs. Même si nombre de mangeur·euses oublient qu’ils mangent, happé·es par des vies où tout aliment semble continuellement disponible et abondant. Nous oublions. Jusqu’à ce qu’un repas se fasse attendre. Faudrait-il avoir faim plus souvent pour devenir vraiment écolo?