Pensez bien à faire pipi sous la douche
OPINION. La sensibilisation aux économies d’énergie est de plus en plus forte en France. Mais comment composer entre mesures inévitables et résistance sociale?
«Et surtout pensez bien à faire pipi sous la douche…» Sur les réseaux sociaux français, cette petite phrase est devenue la réaction type face à la consommation de ressources et d’énergie parfois indécente de certains milliardaires. La réponse fait référence aux conseils jugés ridicules distribués par les figures d’autorités pour que les citoyens économisent l’eau, le gaz et l’électricité en cette période de crise climatique et géopolitique. Un député toulonnais avait involontairement lancé cette tendance en évoquant dès 2015 cette idée pour faire des économies de chasse d’eau. Il pensait illustrer ainsi une vision progressiste de l’écologie. Une nouvelle variante de cette répartie ironique, bien plus récente, s’appuie sur l’appel du porte-parole du gouvernement français qui demandait il y a quelques semaines à ses concitoyens de bien «débrancher le wifi» avant de partir en vacances pour participer à l’effort d’économie d’énergie, notamment dans le cadre des conséquences de la guerre en Ukraine. «Le yacht de Bernard Arnault a émis 123 tonnes de CO2 en une semaine», affirme l’organisation altermondialiste Attac. «Du coup je coupe le wifi et fais pipi sous la douche», répond l’internaute.
Cette manière de souligner la dimension anecdotique de certains efforts demandés aux citoyens face à l’ampleur de la consommation des milliardaires et des industriels est aussi une façon d’appeler à plus de justice sociale dans le débat sur les économies d’énergie et les mesures écologiques. Et la sensibilité à cette question est de plus en plus forte en France.