Persister dans son domaine de compétence ou s’aventurer dans un virage inconnu? Tel est le dilemme des grandes compagnies pétrolières privées. Avec l’émergence des voitures électriques, les camions à hydrogène, les considérations climatiques ou les craintes du pic pétrolier, les nuages s’amoncellent sur les perspectives pétrolières.

Pour la catastrophique année 2020, les ExxonMobil, Chevron, BP, Shell, Total, Eni viennent de publier des pertes record à plus de 60 milliards de dollars alors que leurs dettes cumulées dépassent les 300 milliards. Du côté des entreprises pétrolières nationales, la situation est encore pire et menace les budgets des pays exportateurs. Pour l’industrie, la grande question est de savoir combien de pétrole ne sera jamais extrait et restera dans le sous-sol. Cette perspective donne des sueurs froides aux managers et aux financiers. Dans l’immédiat, le baril a pris l’ascenseur à plus de 65 dollars. Il semble bien parti pour grimper, ce qui complique encore plus les prises de décision.