Série TV

Sur petit écran, «L’affaire Harry Quebert» peine à convaincre

L’adaptation télévisée du best-seller de Joël Dicker était annoncée comme l’événement de la saison. Pour bon nombre d’internautes, la prestation n’est cependant pas à la hauteur des attentes

L’adaptation télévisée de La vérité sur l’affaire Harry Quebert, vendu à plus de trois millions d’exemplaires dans le monde, est celle de tous les superlatifs. Précédée d’un intense battage médiatique, son arrivée s’est déroulée dans un climat d’attente grandissante. Pour être à la hauteur, Joël Dicker a mandaté le poids lourd Jean-Jacques Annaud, dans l’optique de créer un «vrai film» en 10 épisodes. Les deux premiers ont été diffusés mardi sur la RTS. Alors, que vaut le best-seller sur petit écran? Les premiers échos des internautes sont mitigés.

Alors que les fans suisses étaient au rendez-vous mardi devant leur poste de télévision, les Français, eux, devaient patienter jusqu’à mercredi soir pour découvrir Patrick Dempsey dans le rôle de Harry Quebert. «Deux premiers épisodes sur 10 de la série. Beaucoup apprécié, j’ai lu le livre, mais pas follement apprécié, là c’est génial en cinéma. Et c’est fignolé, bien filmé, cela change et c’est réellement du cinéma. Bravo first à Joël Dicker!» salue @msadhvi sur Twitter.

«Après avoir vu le 1er épisode de #HarryQuebert un constat s’impose, renchérit @BurkhardtGaetan, c’est ainsi que toutes les adaptations de livre sur écran doivent être entreprises: avec respect et bienveillance envers le texte et ses personnages!»

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D’autres téléspectateurs sont moins enthousiastes. «Terminé #HarryQuebert dans l’indifférence la plus totale. Ces dix épisodes manquent cruellement d’incarnation et abusent d’artifices usés pour créer un semblant de suspense et d’émotion. Immense gâchis si l’on en croit les réactions dithyrambiques qu’avait suscitées le roman», tacle le compte @SeriesDamn, qui a visiblement eu la primeur d’un visionnage anticipé. «Personnages peu crédibles (Nola mon Dieu…), plume lourdingue, écriture très télégénique. A croire que Dicker rêvait que ça devienne une série TF1», écrit encore @exatwit.

L’adaptation sera-t-elle fidèle, parviendra-t-elle à maintenir suffisamment de suspense pour captiver les téléspectateurs, autant que l’auteur genevois sur 670 pages? De l’écrit à l’écran, la transition peut s’avérer périlleuse et les exemples de réussites comme de défaites cuisantes abondent. De quoi susciter une vraie angoisse chez les fans. «Joël Dicker est un auteur incroyable, mais j’ai peur pour la série… ça sera forcément moins bien que le livre», confie @VicGrayser.

Dans le doute, certains préfèrent ne pas prendre de risque. «Perso, je ne la regarderai pas, j’ai tellement été happé par le bouquin que j’ai énormément peur du bad trip de cette adaptation», lâche @NicolasCatard.

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Craint-il que le public français soit échaudé par les premières réactions suisses? Le directeur des antennes de TF1 @xgandon tente en tout cas de convaincre les internautes d’allumer leur télévision. «Enorme carton pour #LaVeriteSurLAffaireHarryQuebert hier en Suisse sur @RadioTeleSuisse! Plus de 40% de pda [ndlr: parts d’audience]. La série multiplie par plus de 2 l’audience de la case. Ce soir 21h00 sur @TF1», harangue-t-il sur Twitter.

Il n’empêche, du côté des médias, la critique n’est pas tendre non plus. «Sans substance et insipide, comme le roman», titre Télérama à propos d’une adaptation qui ne parvient pas à faire «disparaître les défauts de l’œuvre originelle». En Suisse, Lematin.ch se montre lui aussi sceptique. «La déception est malheureusement là», écrit-il, soulignant la «platitude des dialogues» et rappelant que «grosse couverture» ne rime pas forcément avec «réussite artistique».

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