Loin de nous l’idée saugrenue de marivauder dans les vignes de notre voisin de page spécialisé dans les vins (notez, il est actuellement en vacances, alors…). Mais le soleil, ardent certains jours de notre été, nous incite à décrire des plats compatibles avec un rosé bien frais. Lequel? Eh bien, le Campirosa, un Montepulciano d’Abruzzo des celliers Illuminati, en vente au Divo* à 8,55 francs pour les membres du club, dont la couleur est enchanteresse, franc du bec et rond en bouche. Oublions la ritournelle du melon au porto et préférons l’approche des grands-mères, sel et poivre. Reste à trouver un bon melon. Il est toujours comique de voir les gens renifler ces boules. Inutile. Les amateurs s’accordent sur trois critères: à volume égal, élire le plus lourd, dont la queue est sèche et cassante, et sonnant creux quand on le percute avec un doigt. Au plus simple, casser la tirelire pour s’en offrir un signé Lorenzini.

Rappelons la pissaladière, une pâte couverte d’oignons doucement fondus à l’olive, décorée de filets d’anchois et d’olives, cuite au four puis gratifiée de quelques giclées d’huile d’olive. Une autre recette nous vient d’amis nîmois: la pâte, ici, est garnie d’une épaisseur de 2 cm de tapenade et le tout chapeauté d’épaisses tranches de tomate. Au sortir du four, quelques pincées de persil haché et 2-3 tours d’un moulin chargé de Muntok. Le vitello tonnato associe le veau froid au thon via une mayonnaise citronnée parfois agrémentée de câpres. Nous lui préférons le carpaccio, une recette vénitienne où de fines tranches de bœuf sont mariées à l’huile d’olive et au citron, avec la bénédiction d’un grand parmesan. La recette fait fureur au Harry’s Bar de Venise, où il coûte quelques grosses poignées d’euros. Pourquoi cette appellation de carpaccio? Parce que Vittore Carpaccio, peintre des années 1500, est connu pour le rouge sombre de sa palette, rappelant la couleur du bœuf bien rassis. Au dessert, des fraises du jardin, éblouies par un peu de sucre et de vanille moulue, avec une tombée de jus de citron et de notre rosé. Mais où est donc passé le tire-bouchon?

www.maxime-pietri.ch * www.divo.ch

Le Temps publie des chroniques et des tribunes – ces dernières sont proposées à des personnalités ou sollicitées par elles. Qu’elles soient écrites par des membres de sa rédaction s’exprimant en leur nom propre ou par des personnes extérieures, ces opinions reflètent le point de vue de leurs autrices et auteurs. Elles ne représentent nullement la position du titre.