Pic énergie

Le pétrole de schiste américain tousse

OPINION. Pour la première fois depuis 1940, les Etats-Unis ont exporté plus de pétrole qu’ils en ont importé grâce à l’extraction du pétrole de schiste, explique notre chroniqueur Laurent Horvath. Mais cela ne va pas durer

Pour la première fois depuis 1940, les Etats-Unis ont exporté plus de pétrole (8,757 millions barils/jour) qu’ils en ont importé (8,668 millions). Depuis le début de l’année, leur production est passée de 11,4 millions de barils par jour à 12,8 aujourd’hui avec une prévision de 13,2 pour l’année prochaine. Grâce au pétrole de schiste, rien ne semble arrêter la domination énergétique des Etats-Unis, au point de les voir délaisser le Moyen-Orient. Pourtant, dans cet élan d’optimisme, un grain de sable s’est immiscé dans les rouages. Depuis six mois, une décélération de la croissance du pétrole de schiste s’est installée.

Plusieurs raisons expliquent ce phénomène. Tout d’abord, la prodigieuse augmentation, à plus de 9,1 millions b/j, rend difficile la poursuite de ce rythme effréné. Le plafond semble s’approcher. Parmi les sept plus grands gisements de schiste, la décroissance s’est majoritairement installée. Les espoirs reposent sur le bassin permien du Texas. Le plus grand champ du monde produit déjà 4,73 millions b/j et va dépasser les 5 millions. Pour les autres, le miracle n’aura duré qu’une décennie. Les bassins d’Anadarko et d’Eagle Ford ont atteint leur pic alors que le Dakota du Nord et le Bakken du Montana progressent mais s’approchent de leur destinée.