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Exposé à Paris, un squelette de T-rex rappelle à quel point l’animal était redoutable.
© Philippe Wojazer / Reuters

(in)culture

Qui a (encore) peur du grand méchant T-rex?

Le cinquième film de la saga lancée par Steven Spielberg il y a un quart de siècle relègue le tyrannosaure au rang de figurant

Dans son cinéma, Steven Spielberg cultive un goût de l’émerveillement. Emerveillement face au pouvoir de la presse dans Pentagon Papers, face au champs des possibles offert par la réalité virtuelle dans Ready Player One, si l’on s’en tient à ses deux dernières réalisations. Dans la plupart de ses films, à un moment où à un autre, un personnage est filmé en gros plan, les yeux écarquillés. Le motif du regard est chez lui central – avec parfois, aussi, des visions d’horreur.

Lire également: «Jurassic World: Fallen Kingdom»: les dinosaures reviennent, et ils ont faim

La plus belle scène d’émerveillement de l’œuvre spielbergienne, on la trouve dans Jurassic Park, lorsqu’en 1993 il filmait deux paléontologues, interprétés par Laura Dern et Sam Neill, subjugués par la vision d’un brontosaure bien vivant. C’est d’abord les regards des personnages que l’on découvrait, puis, dans un second temps, l’objet de leur stupeur. Leur émerveillement était également celui des spectateurs: au-delà des dinosaures en tant que tels, on était alors surtout fasciné par l’avancée spectaculaire des effets spéciaux, qui n’avaient jamais atteint un tel degré de réalisme.

Manipulation génétique et blockbuster

Cette séquence est reproduite dans Jurassic World: Fallen Kingdom, lorsque le réalisateur espagnol J. A. Bayona montre une jeune médecin descendant, elle aussi, d’une voiture, stupéfaite, pour voir passer un grand herbivore. Pour le reste, ce cinquième épisode de la saga crétacée, comme Jurassic World il y a trois ans, commet l’erreur de vouloir créer un dinosaure plus féroce et intelligent. Après l’Indominus-rex, place ainsi à l’Indoraptor. Une surenchère qui veut dénoncer les dérives de la manipulation génétique, mais s’impose aussi en métaphore de l’industrie du blockbuster, qui promet toujours plus. Et, souvent, déçoit.

Lire aussi: T-rex, une colossale exposition américaine à Paris

A Paris, le Muséum national d’histoire naturelle expose actuellement un squelette de T-rex magnifiquement conservé, tandis que sur France 5, on a pu voir cette semaine un documentaire sur le plus redoutable des dinosaures. On y apprend notamment que le tyrannosaure n’était pas une bête solitaire, mais vivait en meute; et qu’il avait probablement une sorte de léger pelage, comme des plumes atrophiées. Glam, le T-rex.

Le «roi des lézards tyrans» est indéniablement l’une des plus fascinantes créatures de l’histoire. Il y a vingt-cinq ans, chez Spielberg, il terrorisait. Dans Jurassic World: Fallen Kingdom, il n’est plus que figurant. Malgré les indéniables qualités esthétiques – plus que narratives – du film de Bayona, voir le grand méchant T-rex ainsi traité laisse songeur. Après le temps de l’émerveillement vient toujours celui de la désillusion.


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