Neutralité, je t’aimais bien. Quand je m’affligeais des souffrances du monde, aux horizons lointains des guerres des autres, il était bon de me réfugier derrière le principe imposé à la Suisse en 1815. Confortable, inaltérable, protectrice, historique neutralité. Et puis la guerre, sur sol européen. Elle révèle l’extraordinaire fragilité du concept, voire, si l’on est raisonnablement pessimiste, sa vacuité.