Cet été, «Le Temps» a confié ses espaces dévolus aux opinions à six personnalités, chacune sur un thème et une semaine. Après l’avocat et chasseur de criminels de guerre Alain Werner (retrouvez toutes les tribunes sur la justice internationale ici), c’est au tour de Gisou van der Goot, professeure et vice-présidente de l’EPFL, de faire écrire ses invités, sur la science, le climat, mais pas seulement.

Découvrez les tribunes de la semaine de Gisou van der Goot

Est-il souhaitable que quelques personnes méga-fortunées puissent par leurs dons influencer l’agenda global? Voilà une question qui revient régulièrement dans les débats autour de la philanthropie. Une question légitime et pertinente en démocratie. L’exemple souvent cité est celui de la Fondation Bill & Melinda Gates qui, avant la pandémie de coronavirus, dépensait déjà chaque année près de 3 milliards de dollars pour la santé publique. C’est plus que de nombreux Etats, mais aussi plus que l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette fondation exerce-t-elle alors une influence problématique ou indue face aux aspirations des citoyens?

A cet égard, les résultats des votations suisses du 13 juin dernier nous interpellent. Le peuple d’une des démocraties les plus riches au monde vote contre le projet élaboré par ses dirigeants et ses représentants pour tenir ses engagements pris dans le cadre de l’Accord de Paris sur le climat. Projet, qui plus est, déjà avalisé par les deux Chambres du parlement. Certes, le vote a été remporté à une courte majorité et un taux d’absentéisme regrettable (41%). Comment s’expliquer cependant un tel résultat dans un pays qui connaît d’ores et déjà une augmentation des températures de +2°C en un siècle et demi – soit deux fois plus qu’à l’échelle du globe – et qui peut aisément en constater les effets, ne serait-ce que par le retrait et la fonte de ses glaciers? «La Suisse provoque déjà des dégâts climatiques pour près de 20 milliards de francs par année», selon le WWF Suisse.