Arabisant, solitaire, grand connaisseur des groupes terroristes du Moyen-Orient, le général

Philippe Rondot n’avait pas le profil pour débrouiller l’affaire politico-financière la plus tordue de ces dernières années. C’est pourtant lui que Dominique de Villepin charge, en janvier 2004, d’enquêter en secret sur les listings de Clearstream. Imad Lahoud le persuade qu’il est un as capable de pénétrer les ordinateurs des banques.

A son domicile, les enquêteurs trouveront son «journal de marche quotidien», hérité, selon ses dires, des «règles que m’avait transmises mon père», qui fournira les éléments les plus explosifs du dossier. Ainsi cette mention, à l’issue de sa réunion avec Dominique de Villepin, le 9 janvier 2004: «Fixation sur N. Sarkozy (ref conflit Chirac Sarko)».

Après s’être aperçu de la supercherie, le général déclarera: «L’affaire est tellement extravagante que je me demande qui a pu l’imaginer, et pour quels motifs.»

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