Ce mardi, la Suisse apprenait que deux chercheurs de l’Université de Genève allaient recevoir le Prix Nobel de physique, après leurs collègues physiciens Karl Alexander Müller en 1987, Heinrich Rohrer en 1986, Albert Einstein en 1921 et Charles Edouard Guillaume en 1920. Rappelons ici que la Suisse détient le glorieux record du nombre de Prix Nobel par tête d’habitant et que, malgré sa petitesse, elle est au 6e rang en nombre absolu en ayant été 32 fois distinguée. Il n’est pas interdit de faire cocorico de temps en temps…

Ce même mardi, heureux hasard, la Société de Lecture de Genève organisait un débat entre l’astrophysicien Trinh Xuan Thuan, professeur à l’Université de Virginie (Etats-Unis) et Yves Oltramare, ancien banquier. D’un côté un Vietnamien bouddhiste, qui vient de sortir un ouvrage intitulé Vertige du cosmos, et de l’autre un Genevois calviniste qui retrace dans Tu seras rencontreur d’Homme la quête de sens qui a traversé toute sa vie. Le premier a préfacé le second, concluant à la similitude de leurs deux regards selon la belle phrase d’Einstein, «la science sans la religion est boiteuse; la religion sans la science est aveugle». En effet, pour Thuan comme pour Einstein, la science, la religion, l’art sont des fenêtres complémentaires pour appréhender le réel. De nature très différente, elles se rejoignent pourtant parfois de façon inexplicable. C’est ainsi que la convergence est troublante entre les intuitions religieuses originelles et la cosmologie moderne.