Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
Les déboires de la City face au Brexit ne sont pas de bon augure pour la Suisse.
© Oli Scarff/AFP Photo ©

Éditorial

Le piège du Brexit pour la Suisse

EDITORIAL. La place financière aurait tort de se réjouir des déboires de la City. Car sans accès au marché européen, elle pourrait se concentrer sur la gestion pour les clients très fortunés. Et entrer en concurrence encore plus frontale avec la Suisse

Voir son concurrent principal s’enfoncer dans les ennuis n’est pas gage de bonnes nouvelles pour soi-même. C’est ce que pourrait se dire la place financière suisse en observant le sort réservé à la City dans les négociations du Brexit.

Le centre financier de Londres a subi un sérieux revers avec le récent compromis du gouvernement britannique, qui laisse de côté les services. Il ne reste aux banquiers londoniens presque aucun espoir de négocier un semblant de passeport européen qui leur permette le même accès au marché financier qu’aujourd’hui.

En outre, même si la City est loin d’être dépeuplée, les départs de banquiers vers les autres capitales financières européennes se produisent de façon régulière.

Effet marginal

En Suisse, certains ont pensé que le Brexit profiterait à la place helvétique. Parangon de stabilité, elle aurait des atouts à faire valoir face à des négociations chancelantes et une issue des plus incertaines.

En outre, d’aucuns jugeaient que Berne pourrait s’engouffrer dans la brèche des négociations en fonction des compromis que la Grande-Bretagne obtiendrait dans le secteur bancaire. Dans le premier cas, c’est sûrement vrai. Mais c’est aussi sûrement marginal. Dans le second, c’est douteux: Bruxelles s’est montré depuis le début tout sauf prêt à faire des gestes dans ce domaine. Et, pour l’instant, Londres n’a rien demandé.

Lire aussi:  L’UBP étend sa gamme de services dans la City

Une tendance plus inquiétante apparaît même. A cause de ses déboires européens, le secteur financier londonien semble se concentrer de plus en plus sur la gestion de fortune offshore, c’est-à-dire la gestion pour de très riches clients autour du globe. Un créneau dans lequel la City est déjà bien installée et où elle compte une masse de spécialistes inégalée. Ainsi, elle entre dans une concurrence plus frontale que jamais avec la place financière helvétique.

Lire aussi: La City perd lentement ses banquiers

Plusieurs banques suisses l’ont bien compris. L’Union Bancaire Privée (UBP) est la dernière à avoir répondu à cette nouvelle donne en rachetant jeudi le gérant londonien ACPI. D’autres, dont Julius Baer ou Lombard Odier, ont déjà pris des mesures pour renforcer leur assise dans la capitale britannique depuis le Brexit. C’est très bien pour elles. Mais pour la place financière suisse et ses emplois, la montée en puissance d’un tel concurrent n’a rien de réjouissant.

Publicité
Publicité

La dernière vidéo opinions

Cannabis: adieu fumée, bonjour vapeur

Fumer, c’est aussi dangereux que has been. Pour profiter du goût et des effets du CBD sans se ruiner la santé, mieux vaut passer aux vaporisateurs de cannabis, élégante solution high-tech qui séduit de plus en plus de Suisses. Nous les avons testés

Cannabis: adieu fumée, bonjour vapeur

n/a
© Gabioud Simon (gam)