Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
La démission de Pierre Maudet apparaît comme un scénario compliqué. Le risque de s’enfoncer dans une crise institutionnelle existe.
© Eddy Mottaz

éditorial

Pierre Maudet, tenir ou partir?

EDITORIAL. Le président du Conseil d’Etat genevois pourrait continuer son mandat sous condition malgré la tempête

Le jour d’après la mise en prévention annoncée de Pierre Maudet, le temps semble suspendu. Que va-t-il se passer maintenant? Il y a tout d’abord le temps de la justice. C’est un temps long et il faudra des mois avant d’obtenir la résolution de l’énigme qui entoure le conseiller d’Etat. Il y a ensuite le temps rapide de l’action dans lequel s’inscrit l’exécutif. La démission de Pierre Maudet aujourd’hui – le Conseil d’Etat n’a pas le pouvoir de le démettre ni le Grand Conseil – apparaît comme un scénario compliqué. Le risque de s’enfoncer dans une crise institutionnelle existe.

Lire aussi: Une longue enquête attend Pierre Maudet

Certes, des élections complémentaires peuvent s’organiser à l’automne. Mais les sept conseillers d’Etat ont intérêt à resserrer les rangs et à ne pas entrer dans un cycle de déstabilisation. Nuria Gorrite a tenu la barre dans le canton de Vaud lors de l’affaire Broulis. Il faut espérer que Genève trouvera un capitaine d’une telle trempe pour sauver la crédibilité de toute l’équipe qui s’était fortement engagée derrière le magistrat PLR en le faisant président en mai.

Pierre Maudet en ligne de mire des juges, il devra sûrement abandonner la présidence du Conseil d’Etat. Ensuite, il lui faudra abandonner les domaines de la sécurité et de l’aéroport. Le Conseil d’Etat pourra-t-il ainsi fonctionner? Peut-être, s’il arrive à boucler de gros dossiers tels que le budget et alors le démontrer. C’est tout le paradoxe, le magistrat pourrait rester en place malgré la tempête. Il n’y a d’ailleurs pas d’unanimité au sein des partis pour réclamer sa démission, même si les faits reprochés sont graves.

Lire également: La solidarité du Conseil d’Etat à rude épreuve

Reste le fond de l’affaire. Pierre Maudet a menti. A la justice, aux électeurs, à ses collègues du Conseil d’Etat, aux députés, à son parti, aux journalistes, bref à tout le monde. Le mensonge est une drogue qui peut même persuader ceux qui la distillent. Ce qui explique peut-être la constance des propos de l’homme politique et son assurance lorsqu’il prétendait qu'il n’y avait pas de problème avec ce fameux voyage.

Pierre Maudet a aussi perdu le contact avec la réalité quand il a décidé d’accepter un cadeau potentiellement répréhensible. A-t-il senti après coup qu’il faisait une erreur et a échafaudé un mensonge qui, aujourd’hui, ne tient plus? Ou s’est-il laissé embarquer par complaisance dans une sale affaire? S’être lancé dans une telle aventure relève de sa faute pleine et entière. Mais elle ne sera peut-être pas condamnée.

Lire aussi: Les liens privilégiés des Emirats arabes unis avec Genève

Pierre Maudet n’est désormais plus le maître des horloges. Le magistrat croit sûrement pouvoir tenir, tenir jusqu’à ce que l’affaire se termine en eau de boudin devant la justice. Mais dans l’intervalle, la pression va être énorme. Mercredi, on apprenait que la journaliste star de la Tribune de Genève – qui avait révélé l’existence de ce voyage – quittait le quotidien à cause de l’attitude de son éditeur.

Editeur qui a choisi le même jour de saquer son rédacteur en chef. Sophie Roselli et Pierre Ruetschi, ce sont eux qui ont sorti l’affaire Maudet. C’est à eux que la justice a – en quelque sorte – tiré hier un grand coup de chapeau, hommage que nous rééditons aujourd’hui. Reste à savoir maintenant lequel des pouvoirs constitués à Genève aura le mot de la fin sur l’affaire Maudet.

Publicité
Publicité

La dernière vidéo opinions

Cannabis: adieu fumée, bonjour vapeur

Fumer, c’est aussi dangereux que has been. Pour profiter du goût et des effets du CBD sans se ruiner la santé, mieux vaut passer aux vaporisateurs de cannabis, élégante solution high-tech qui séduit de plus en plus de Suisses. Nous les avons testés

Cannabis: adieu fumée, bonjour vapeur

n/a
© Gabioud Simon (gam)