Mitt Romney est-il l’homme de l’économie dont l’Amérique a besoin? Le candidat républicain à la Maison-Blanche a construit sa campagne électorale sur son expérience de président de la société de capital-risque Bain Capital pour prouver qu’il est capable d’être un entrepreneur à succès et de créer de l’emploi. En raison d’un chômage qui n’est pas descendu au-dessous des 8% depuis l’accession de Barack Obama à la présidence, la stratégie est sensée. Beaucoup l’avancent depuis des mois: l’économie est le meilleur allié de Mitt Romney.

C’est toutefois insuffisant face à un président sortant souvent décrit comme le meilleur candidat en campagne électorale de l’histoire des Etats-Unis. La manière dont l’état-major de Mitt Romney a réagi aux attaques démocrates mettant en cause le bilan réel du Bostonien à la tête de Bain Capital a révélé de profondes lacunes dans la communication politique. Elle renforce le caractère fuyant du candidat républicain. Par ses ambiguïtés volontaires ou non, ce dernier crée une étrange impression: que le principal ennemi de Mitt Romney n’est autre que Mitt Romney lui-même. Le message est d’autant plus brouillé que l’ex-gouverneur du Massachusetts accepte de participer à des soirées de collecte de fonds avec le très controversé ancien vice-président des Etats-Unis Dick Cheney, mais interdit à la presse de photographier les deux personnages côte à côte. Se lier aux années Bush serait une manière de donner des munitions faciles au camp adverse.

Hormis l’économie, le candidat mormon a un autre atout: l’argent. Jamais une campagne électorale américaine n’aura été aussi inondée de dollars. Une profusion qui profite surtout aux républicains. Les milliardaires Sheldon Adelson – qui voit en Obama le président le plus anti-israélien de l’histoire – ou les frères Koch – qui le considèrent comme un dangereux socialiste – n’ont qu’un rêve: éjecter le démocrate de la Maison-Blanche.

Mais Barack Obama n’est pas à court d’arguments. Une majorité d’Américains pensent qu’il serait plus à même que son adversaire de gérer l’économie. Doté d’une machine de guerre démocrate redoutable appelée «Organizing America», il a montré une capacité de rebond, alors qu’en juin on ne donnait pas cher de ses chances de réélection en raison d’un cumul de mauvaises nouvelles. Aujour­d’hui, son message univoque en faveur de la classe moyenne semble porter. Mais sera-ce suffisant?