Bien enfoui sous le plan A du Conseil fédéral qui consiste à chercher un accord institutionnel avec l’Union européenne, il y a un plan B historique, secrètement préféré par une majorité de Suisses: la loi du plus fort. Il se dévoile au fur et à mesure que s’éloigne la perspective de réussite du plan A. Il repose sur un postulat puissant que d’aucuns désignent sous le terme de «neutralité»: la Suisse ne se lie pas, elle défend ses intérêts en s’adaptant au plus fort.

La «reprise autonome» du droit européen dans les secteurs utiles à son économie est l’illustration la plus traditionnelle du plan B quand il était encore le plan A: entre 40 et 60% de la législation suisse est directement inspirée ou copiée du droit de l’Union. Chaque message du Conseil fédéral contient un chapitre sur les rapports avec le droit européen afin «d’éviter de créer, involontairement et sans que ce soit nécessaire, de nouvelles disparités juridiques», est-il dit.