La Suisse romande est groggy, sonnée par les annonces en rafales faites tout au long de cette journée de vendredi par les différents gouvernements cantonaux. Si les autorités ont tenu à épargner au maximum les activités économiques et commerciales, les mesures décidées touchent au cœur de notre mode de vie. Afin de freiner la pandémie, la vie sociale sera comme suspendue. Nos interactions seront fortement limitées ces prochaines semaines, alors que tous les regards se tournent déjà vers les fêtes de fin d’année. 

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Poussés par un Conseil fédéral réticent à reprendre la main, les cantons francophones ont pris leurs responsabilités. Dans le sillage du Valais, ils ont entériné des décisions fortes, de manière simultanée et avec – à l’exception de quelques notables différences – une rare coordination. C’est que la situation est grave. Alarmante même. Lors de cette dernière semaine, où tout s’est accéléré, le nombre de cas en Suisse a plus que doublé. Chaque personne positive infecte en moyenne 1,6 personne. La deuxième vague est là, sans que l’on puisse en prédire la hauteur.

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Cette fameuse deuxième vague dont nous rabâchaient les oreilles les différents experts, nous avions fini par ne plus y croire, comme dans la fable du garçon qui criait au loup. Nous nous sommes raccrochés aux chiffres des hospitalisations et de décès demeurés faibles durant les beaux jours. Nous n’avons pas vu – voulu voir – les signaux d’alerte. Puis tout a basculé au début de ce mois d’octobre avec une vitesse qui a pris tout le monde de court.

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L’état d’esprit a changé

Déjà proches de la saturation, les hôpitaux se réorganisent en urgence. Les autorités se remettent en mode gestion de crise. Leurs mesures sont assommantes, alors que le flou demeure sur les décisions que pourrait prendre le Conseil fédéral mercredi prochain. Certes, avec la première vague, nous avons beaucoup appris sur le Covid-19 et les moyens de l’endiguer. Les entreprises sont mieux préparées au télétravail. Mais l’état d’esprit a changé. Ce printemps, lorsque a éclaté cette crise perçue comme historique, la population a fait montre d’une solidarité et d’un sens civique remarquables.

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Aujourd’hui, les gens sont fatigués. Ils ont peur pour leurs emplois, la scolarité de leurs enfants. La méfiance grandit envers les politiciens, les médias et les épidémiologistes, bien au-delà des milieux que l’on définit dorénavant comme complotistes. Il est cependant urgent pour chacun d’adopter les bons comportements, de faire face, afin que la pandémie puisse à nouveau être rapidement sous contrôle. Car le compte à rebours a commencé. Et personne n’a envie de passer les Fêtes loin de ses proches.

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