La vente aux enchères la plus incongrue de l’année s’est conclue sur un site néo-zélandais le week-end dernier. On ne s’y arrachait ni un NFT ni une banane scotchée, mais une plante verte. Un spécimen rare nommé Rhaphidophora tetrasperma, huit feuilles aux délicates zébrures crème adjugées… 17 000 francs. Question: comment peut-on avoir à ce point foi en sa main verte? Et aussi: l’heureux acquéreur appartiendrait-il à la génération Y?

Cette théorie découle d’un diagnostic bien établi: les milléniaux souffrent d’une végétalite aiguë. Si les plantes habitent nos intérieurs depuis l’Antiquité (suspendues qu’elles étaient dans les jardins de Babylone), les jeunes du XXIe siècle en sont particulièrement avides. Rendre visite à un trentenaire urbain aujourd’hui, c’est pénétrer dans une serre. A côté du lecteur de vinyles, un figuier lyre, sur l’étagère murale, une colonie de succulentes. Deux coups d’œil et vous localiserez une Monstera deliciosa, liane d’origine tropicale, devenue, grâce à son feuillage furieusement esthétique, la star d’Instagram.