Un écran posé sous les platanes, au pied de l’église écrasée de soleil. Juillet 2017. Plantu est l’un des invités vedettes de la première édition du Festival international de journalisme de Couthures-sur-Garonne, version Le Monde (dont Le Temps est partenaire). Ses dessins, publiés à la une du quotidien du soir depuis des décennies, défilent face au public. Le débat est engagé. Jamais méchant. Mordant, en essayant de limiter la casse. Les passionnés de Plantu, ce jour-là, lui ressemblaient, frappés de mimétisme. Des profs. Des étudiants. Des Français éduqués, énervés, furieux parfois, mais toujours capables in fine de mettre leur colère au service du débat. Voilà la force de Plantu qui, ce 31 mars, a tiré sa révérence pour partir en retraite: avoir caricaturé la France sans l’abîmer et en se préservant toujours la porte du sourire vers la sortie. François Mitterrand, raconte-t-il dans l’entretien accordé ce 31 mars au Monde, l’apostropha un jour d’un «Vous, vous pouvez tuer.» Erreur. Plantu n’a jamais tué. Il avait le crayon en embuscade. Mais son trait, souvent, refusait de porter l’estocade.

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