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Charivari

Pleurs d’un bébé, jusqu’où les supporter?

C’est entendu, le nourrisson est une personne à part entière. Mais de là à endurer ses cris dans le métro… Le débat est ouvert!

Un ami me raconte, penaud ma non troppo, un récent épisode de sa vie. A la fin d’une journée particulièrement éprouvante, Jack est tombé dans le métro sur un bébé hurleur. Une de ces créatures minuscules que la nature, veillant à la survie de l’espèce, a dotée de bruits majuscules. «C’était énorme. Le mouflet nous fendait le crâne avec ses cris de supplicié et, à côté, sa mère et une dame que j’imagine être sa grand-mère ne bronchaient pas. Pas la moindre tentative pour stopper la siclée.»

Il a craqué…

Jack a craqué. Il a maudit le bébé à haute voix, ce que, pense-t-il, le reste du wagon faisait tout bas, et a reçu, en retour, cette réponse sèche et, de fait, indiscutable de la part de la grand-mère: «On a tous été un enfant.» Sous-entendu: «Avec votre sale caractère, vous plus qu’un autre avez dû en faire baver, à votre mère…» Le ton n’est pas monté – à quoi bon, à ce moment-là, le bébé hurlait assez pour exprimer toutes les peines de l’humanité – et Jack s’est contenté d’implorer les divinités pour que le braillard sorte rapido de la rame.

L’épisode est passé, mais l’inconfort de Jack est resté. D’un côté, il regrette son geste d’humeur. D’un autre, il se dit qu’avec tout ce qu’on subit comme nuisances sonores à toute heure – les travaux, les véhicules qui nettoient les rues, une tuerie!, les motos, la voirie, les ambulances, la musique dans les magasins, les conversations téléphoniques dans le train, etc. – on a le droit d’exprimer un trop-plein. Surtout quand quelqu’un peut possiblement faire quelque chose… Bref, il se demande jusqu’où on doit supporter les pleurs d’un bébé.

En attendant le messie

Pas simple, comme question. Tous les parents se la posent avant lui. Ne serait-ce que lors de la fameuse étape où, vu la maturité et le poids du petit, on décide qu’il peut «faire ses nuits». Stoïquement, on le laisse alors pleurer dans son lit pour qu’il négocie cet acquis clé de la vie. Mais, dans le cas de Jack, il s’agit de l’espace public. Et là, on le comprend un peu lorsqu’il remercie secrètement les parents qui donnent un calmant homéopathique aux enfants avant un vol en avion pour préserver leur tranquillité et celle des autres passagers. Ou lorsqu’il éprouve une vraie gratitude à l’égard des géniteurs qui préfèrent la marche aux transports en commun quand junior livre ses «pleurs de décharge», typiques de la fin de journée. En ces temps de saturation multiple, le bruit est notre grand ennemi. Il est juste que toute personne qui s’emploie à le réduire relève du messie.


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© Gabioud Simon (gam)